Les sourires de façade et les communiqués rassurants du jeudi n’ont pas résisté à la réalité climatique du centre du Brésil. Ce vendredi matin, pour l’ouverture tant attendue du premier Grand Prix du Brésil depuis 2004, le circuit de Goiânia a offert une image de désolation : des stands inondés, une piste impraticable et des travaux de construction de dernière minute qui se mélangent aux opérations de pompage.
L’inquiétude grimpe : le retour du MotoGP au Brésil vire au cauchemar logistique et sécuritaire. Alors que Davide Tardozzi et Pedro Acosta vantaient hier un asphalte « adhérent », les pluies torrentielles de vendredi matin ont révélé les failles béantes de l’infrastructure brésilienne.
La séance de Moto3, qui devait ouvrir le bal, a été reportée sine die. Les organisateurs ont invoqué « l’état de la piste », un euphémisme pour désigner des zones de drainage totalement saturées.
Bartolomé Alfonso, responsable de la sécurité, a admis que les équipes travaillaient encore sur « quelques virages ». En clair, le circuit n’était pas terminé au moment où les moteurs devaient démarrer.
Le programme de la catégorie reine est particulièrement chargé aujourd’hui avec deux séances rallongées. Mais dans quelles conditions ? Le mélange de poussière de chantier, de sédiments apportés par les inondations et d’eau stagnante crée une pellicule de « boue invisible » extrêmement dangereuse.

Les annonces rassurantes de jeudi déjà balayées au Brésil
Si le soleil revient, l’évaporation rapide pourrait créer une humidité résiduelle dans les pores du nouvel asphalte, rendant le comportement des pneus Michelin totalement imprévisible.
L’agacement commence à se faire sentir chez les chefs d’équipe. Faire venir des tonnes de matériel à l’autre bout du monde pour se retrouver à attendre que des ouvriers finissent de goudronner ou de pomper l’eau entre deux virages est inacceptable à ce niveau de compétition.
Les pilotes, déjà nerveux à l’idée de découvrir un tracé « étrange » selon Acosta, craignent maintenant des zones de dégagement (bac à sable) transformées en bourbiers, incapables de freiner une moto en cas de chute.
La communication de la Dorna et de la FIM hier était peut-être un peu trop optimiste. Goiânia n’est clairement pas prêt à 100 %. Le danger ici est double : le retard accumulé va condenser le temps de roulage, forçant les pilotes à prendre des risques énormes sur une piste « sale » et potentiellement piégeuse pour entrer en Q2. Pour Marc Marquez, déjà physiquement diminué à droite, ou Fermin Aldeguer et son fémur à 70 %, ces conditions d’adhérence précaires sont le pire scénario possible.
It's going to take a little time for us to see some track action at Goiânia 👀
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— MotoGP™🏁 (@MotoGP) March 20, 2026



























