Ce samedi la cérémonie d’ouverture de la saison est programmé à Kula Lumpur … et Fabio Quartararo n’en sera pas. Le champion du monde 2021 a quitté la Malaisie plus tôt que prévu après une lourde chute lors de la première journée d’essais à Sepang. D’abord décidé à continuer, le Français a finalement dû se rendre à l’évidence : fracture d’un doigt, retour immédiat à la maison, cap sur Andorre pour récupérer. Officiellement, il reviendra à Buriram plus tard ce mois-ci. Officieusement, le climat est devenu glacial avec Yamaha.
Car cette blessure survient au pire moment pour Yamaha. Depuis des semaines, les rumeurs l’envoient chez Honda pour 2027. Le Français a admis discuter avec la concurrence, sans confirmer d’accord. Mais en coulisses, le malaise est palpable : le prototype V4 testé à Valence en novembre aurait été, selon certaines sources, une « énorme déception » à ses yeux, alors que d’autres pilotes se montraient plus optimistes.
Le fait que Yamaha ait dû immobiliser toutes ses motos mercredi au test de Sepang pour enquêter sur un problème moteur (celui-là même qui a causé l’arrêt de Fabio mardi) a été la goutte d’eau. Pour un pilote qui cherche à retrouver la victoire, voir son usine « naviguer à vue » sur la fiabilité est inacceptable.
Normalement, même blessé, Quartararo serait resté pour le grand lancement à Kuala Lumpur. Un événement stratégique, retransmis mondialement, avec des milliers de fans attendus — d’autant que Yamaha a présenté sa M1 2026 à Jakarta, preuve de l’importance du marché d’Asie du Sud-Est.

Adieu El Diablo, bonjour la guerre des égos chez Yamaha, le show à Kula Lumpur sera révélateur ce samedi
Son départ prématuré a donc piqué au vif Iwata : l’image compte, et “El Diablo” reste la figure marketing numéro un de la marque, malgré l’arrivée médiatisée de Toprak Razgatlioglu chez Pramac. Son départ précipité, sans participer au show, est mal perçu en interne : Il prive Yamaha d’une présence médiatique forte. Il renforce l’image d’un pilote démotivé.
En interne, certains évoquent une lassitude mutuelle. L’an dernier déjà, l’attitude du Français aurait pesé sur la motivation des équipes. De son côté, Quartararo ne cache plus son impatience : il veut une MotoGP capable de gagner maintenant, pas en 2027. La fracture au doigt guérira vite ; la fracture de confiance, beaucoup moins.
Reste la piste. Si le V4 ne progresse pas rapidement, Yamaha risque de perdre son atout majeur. Et si Honda confirme son redressement, le transfert du siècle pourrait déjà être scellé.
































