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Le Grand Prix du Brésil 1989 à Goiânia reste gravé dans l’histoire du motocyclisme comme la dernière manche du championnat du monde 500cc disputée sur ce circuit brésilien, avant l’arrivée du MotoGP en 2026.
Couru le 17 septembre 1989 sur l’Autódromo Internacional Ayrton Senna (3,835 km), ce rendez-vous a offert un final spectaculaire à une saison intense. La lutte pour le titre mondial opposait principalement Eddie Lawson (Rothmans Kanemoto Honda NSR500 #1) à Wayne Rainey (Yamaha Team Roberts #3).
Eddie Lawson, triple champion (1984, 1986, 1988 et en quête d’un quatrième sacre), avait surpris tout le monde en quittant Yamaha pour rejoindre une structure satellite Honda après sa grave blessure de 1988. Beaucoup prédisaient un échec ; « Steady Eddie » a prouvé le contraire avec une régularité impressionnante.
Avant la course, Eddie Lawson possédait un avantage confortable au championnat. Wayne Rainey devait impérativement s’imposer et espérer que Eddie Lawson termine hors du top 11 pour renverser la tendance, une mission quasi-impossible.

Wayne Rainey décrochait la pole position en 1’25.440, mais la course a tourné à l’avantage des outsiders. Kevin Schwantz (Suzuki Pepsi #34), toujours spectaculaire et imprévisible, a dominé les débats. Parti en tête, l’Américain n’a jamais cédé aux attaques d’Eddie Lawson, franchissant la ligne en 46:44.390 après 32 tours, avec une avance de 1,710 seconde sur Lawson.
Face aux freinages retardés de son adversaire, Eddie Lawson a roulé intelligemment : il a signé le meilleur tour en course (1:26.980, record qui tiendra des décennies sur ce tracé en 500cc) et assuré une deuxième place synonyme de titre mondial.
Wayne Rainey, sous pression, a dû se contenter de la troisième marche du podium (+11,220 s), scellant ainsi son statut de vice-champion.
La course, sans gros incidents majeurs malgré seulement 18 partants en 500cc, offert un beau spectacle pour l’époque : puissance brute des deux-temps, freinages tardifs et bagarres sans électronique.
Ce podium 100 % américain (Schwantz – Lawson – Rainey) symbolisait la domination US en fin des années 80. Lawson remportait ainsi son quatrième titre mondial, un exploit unique à l’époque : devenir champion consécutif avec deux constructeurs différents (Yamaha 1988, Honda 1989).
Pour le public brésilien, cette édition 1989 marqua la fin d’une courte mais intense ère MotoGP à Goiânia (1987-1989), après les victoires de Wayne Gardner (1987) et Eddie Lawson (1988).
Trente-sept ans plus tard, Goiânia se prépare à accueillir à nouveau la catégorie reine des Grands Prix. Mais en 1989, ce dernier GP de la saison fut bien plus qu’une course : le couronnement d’un pilote sous-estimé et le chant du cygne d’une époque héroïque des 500cc.
MotoGP Brésil 1989