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Brésil

Ce qui devait être un retour historique du MotoGP au Brésil s’est transformé en une scène presque irréelle, entre improvisation, incompréhension… et conditions jugées tout simplement « inacceptables » par certains pilotes.

Car derrière la décision de raccourcir la course à 23 tours, il y avait une réalité bien plus brutale : une piste en train de se désagréger sous les roues des MotoGP, au point de transformer certains virages en véritable champ de bataille.

Et cette fois, ce ne sont pas des impressions. Ce sont les pilotes eux-mêmes qui racontent.

Le premier choc, c’est la manière. Les équipes ont appris la réduction de la course quelques minutes seulement avant le départ, sans délai supplémentaire pour s’adapter. Pas le temps de modifier les réglages, ni même d’ajuster la stratégie pneumatique.

Alex Marquez résume parfaitement ce moment surréaliste : « il restait encore quatre minutes avant le tour de chauffe lorsqu’ils m’ont annoncé le raccourcissement. Nous n’avions absolument aucune information. »

Et le pire ? Aucune pause n’a été accordée. « J’ai dit à Michele Masini de demander un départ retardé afin que nous puissions vérifier l’électronique et les pneus, mais ils n’ont pas jugé cela nécessaire. » Le MotoGP, sport ultra-précis, s’est retrouvé à improviser.

Une fête de pierres” : quand la piste devient dangereuse au Brésil

Mais si la décision a été prise dans l’urgence, c’est parce que la situation sur la piste était en train de devenir incontrôlable.

Brad Binder l’explique avec une image saisissante : « quand j’étais derrière toutes ces motos, on aurait dit une petite fête de pierres. Des pierres volaient de partout. »

Le constat sur motorsport-total est partagé par Joan Mir, directement touché : « pendant le tour de reconnaissance, je roulais derrière Marc lorsqu’une grosse pierre a volé contre mon genou… Je me suis dit : nous pourrions avoir des problèmes si nous faisons tous les tours. »

Et il avait raison. C’est sans doute Alex Marquez qui résume le mieux l’absurdité de la situation : « il y avait deux virages où l’asphalte était défoncé… on se serait cru plus en train de faire du motocross qu’en course sur circuit. »

Puis il enfonce le clou : « pour être honnête, les conditions étaient assez inacceptables. » Difficile d’être plus clair.

Le danger n’était pas théorique. Alex Rins a été directement touché à la main : « demandez à mon doigt s’il a senti les cailloux dans les virages 11 et 12 – l’un d’eux m’a touché. » Résultat : doigt enflé, douleur persistante… et une question évidente. Comment en est-on arrivé là ? Même Toprak Razgatlioglu a terminé la course avec… des cailloux dans sa botte.

Même Marc Marquez, pourtant mesuré, reconnaît le problème : « si on effleurait cet endroit… c’était incroyablement glissant. » Et il va plus loin, avec une inquiétude qui dépasse ce week-end : « ce qui nous inquiète, c’est ce qui se passera l’année prochaine. »

Car la dégradation n’a fait qu’empirer tour après tour : « l’irrégularité de la piste s’est progressivement aggravée… de plus en plus de gravier s’est accumulé. »

Et pourtant, malgré tout ça, la course a eu lieu. Fabio Di Giannantonio, lui, préfère retenir le positif : « l’organisation a fait de son mieux… bien sûr, il y a quelques points à améliorer. » Une manière diplomatique de dire que le MotoGP est passé tout près d’un fiasco.

Oui, le public était là. Plus de 148 000 spectateurs sur le week-end. Oui, la course s’est tenue. Mais à quel prix ? Une piste qui se désagrège, des pilotes touchés physiquement, des décisions prises dans la précipitation.

Le MotoGP a voulu frapper fort avec son retour au Brésil. Il a surtout exposé ses limites. Et cette fois, ce ne sont pas les machines qui ont atteint leur seuil. C’est l’organisation elle-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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