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Le ton est brutal, sans filtre, et parfaitement assumé. Invité sur la chaîne YouTube #ZamTube, Loris Reggiani a livré une charge frontale contre l’un des projets les plus controversés du MotoGP moderne : l’arrivée annoncée d’un Grand Prix urbain à Adélaïde en 2027, en remplacement de Phillip Island. Et pour l’ancien pilote italien, une chose est claire : le débat ne doit plus être esquivé.

D’entrée, il remet les pendules à l’heure sur ce qui fait, selon lui, l’essence du MotoGP : « je ne crois pas que le spectacle soit assuré par les constructeurs ou les équipes ; le spectacle, ce sont les pilotes. Je pense qu’il est temps pour les pilotes de tenter de se regrouper, car ces idées doivent être abordées avec fermeté et sans détour, mais nous devons agir à temps ; nous ne pouvons pas arriver jusqu’au stade de dire : “Non, c’est trop dangereux ici, n’organisons pas de course.” »

Un appel à l’unité… mais surtout à l’anticipation. Car derrière le qualificatif ironique de projet « mégagalactique », Reggiani voit surtout un danger majeur : celui d’un circuit urbain inadapté aux exigences extrêmes du MotoGP moderne.

Et là, le discours devient encore plus tranchant. « Personne ne pourrait construire un circuit urbain sécurisé pour des motos atteignant 350 km/h. C’est une évidence, alors on ne peut pas se permettre de perdre une seule seconde à les laisser croire le contraire. »

Une phrase qui claque comme un avertissement. Pour lui, le problème n’est pas théorique ; il est structurel. Les vitesses actuelles des MotoGP rendent toute approximation dangereuse, et un tracé urbain, par définition contraint, ne peut offrir les marges de sécurité nécessaires.

Reggiani

Loris Reggiani : « arrêtez de plaisanter, mettez-vous au travail, sinon ça va mal finir »

Alors Reggiani pousse la logique jusqu’au bout. « Si j’étais pilote, voici ce que je ferais : je réunirais les autres pilotes immédiatement, car à ce stade, tout le monde devrait être d’accord. En gros, j’irais les voir et je leur dirais : “Écoutez, arrêtez de plaisanter, mettez-vous au travail, sinon ça va mal finir.” » Un discours quasi militant.

Car au fond, ce qu’il remet en question, c’est l’équilibre des pouvoirs dans le paddock. Et notamment le rôle de Dorna Sports, régulièrement présenté comme garant de la sécurité. À ce sujet, Reggiani refuse tout quitus a priori.

« C’est possible. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est peut-être pas le cas. C’est pourquoi les pilotes doivent se réveiller, clarifier les choses, se faire entendre et faire savoir à tous qu’ils existent et que s’il y a un circuit qui n’est pas suffisamment sûr, ils n’y courront pas, point final. »

Le message est limpide : la sécurité ne doit pas être négociable. Et surtout, elle ne doit pas dépendre uniquement des décisions des organisateurs.

Derrière cette sortie musclée, une réalité se dessine : le MotoGP entre dans une nouvelle ère, où l’expansion commerciale — circuits urbains, nouveaux marchés, spectacles globalisés — entre en collision avec les limites physiques du sport.

Et dans ce choc, une question devient incontournable : Jusqu’où peut-on aller… sans mettre les pilotes en danger ? Reggiani, lui, a déjà sa réponse. Et elle ne laisse aucune place au compromis.

Reggiani soulève un point vital que le passage au règlement 2027 (moteurs 850cc) ne résoudra pas : la vitesse de passage en courbe restera phénoménale. Si les pilotes ne suivent pas son conseil et ne créent pas une association forte (similaire à la GPDA en F1) d’ici la fin de l’année 2026, ils risquent de se retrouver otages de circuits inadaptés à la puissance de leurs prototypes.

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