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Marc Marquez Carlo Pernat

Il a tout vu, tout vécu, tout négocié. Manager, découvreur de talents chez Aprilia, conseiller, intermédiaire, agitateur d’idées, Carlo Pernat parle du MotoGP comme on parle d’un monde que l’on connaît par cœur. Et quand il s’exprime, ce n’est jamais tiède. À l’aube d’un championnat 2026 qui s’annonce électrique, Pernat dresse un tableau sans concession : un favori presque intouchable, quelques outsiders crédibles… et un marché des pilotes devenu, selon lui, totalement hors de contrôle.

Pour Pernat, la hiérarchie est claire : tant que Marc Marquez ne rencontre pas de problème physique sérieux lié à sa chute et à ces mois d’arrêt, il reste l’homme à battre.

Son analyse est brutale mais limpide : le vainqueur est toujours le favori, et un Marquez remis à 100 % est, selon lui, “imbattable”. La seule interrogation réside dans l’aspect physique et mental : la peur subsiste-t-elle ? Le manque de roulage pèsera-t-il ? Si la réponse est non, alors le reste du plateau devra s’accrocher.

Derrière le phénomène espagnol, Carlo Pernat place en premier adversaire crédible Marco Bezzecchi, dont il salue l’évolution mentale autant que les qualités techniques.

Selon lui, Bezzecchi a franchi un cap : il assume un rôle de leader, dégage une forme d’empathie et d’autorité naturelle qui rappellent les grands noms, et surtout, il a prouvé qu’il n’avait plus peur de Marquez. En MotoGP, l’absence de peur est souvent la différence entre un bon pilote et un prétendant au titre.

Pernat cite également Francesco Bagnaia et Alex Marquez parmi les outsiders sérieux, estimant que Pecco a réglé ses blocages mentaux face à Marc, tandis que le cadet des Marquez continue de progresser avec constance. Quant à Pedro Acosta, il considère que le talent est incontestable, mais que la moto pourrait bien être le véritable frein à ses ambitions.

Le cas de Jorge Martin intrigue davantage. Pernat évoque une crise davantage psychologique que physique, marquée par l’accumulation des blessures et une peur latente qui pourrait peser plus lourd que les fractures elles-mêmes.

Selon lui, Martin pourrait être à un moment charnière de sa carrière, partagé entre l’envie de continuer à se battre au sommet et la tentation de privilégier un environnement où il se sentira plus serein. Une zone grise qui en fait, paradoxalement, l’une des grandes inconnues du championnat.

Carlo Pernat crucifie le Mercato : « On se ridiculise !« 

Mais au-delà des performances en piste, c’est le marché des pilotes qui met Pernat en colère sur moto.it. Il estime que la situation actuelle est devenue ingérable, avec des négociations entamées alors que les contrats sont encore en cours, brouillant totalement la dynamique sportive.

Sa proposition est claire : instaurer une période fixe de transferts, limitée à juillet et août, avec un dépôt officiel des contrats et, surtout, des sanctions lourdes pour ceux qui contourneraient le système. Amendes d’un million d’euros, retenues salariales, voire disqualifications : selon lui, seule une mesure forte pourrait remettre de l’ordre.

Il situe même l’origine de ce chaos à un moment précis : l’annonce précoce du passage de Jorge Lorenzo de Yamaha à Ducati en 2016, qu’il considère comme le premier domino ayant déclenché la dérive actuelle.

À travers ses propos, une question sous-jacente émerge : le MotoGP reste-t-il un sport où la piste décide, ou devient-il un théâtre où les contrats influencent les performances ?

Pour Pernat, le championnat 2026 s’annonce passionnant, mais il sera parasité par les mouvements de coulisses si aucune règle claire n’est fixée. Marquez peut dominer, Bezzecchi peut surprendre, Bagnaia peut rebondir… mais si les discussions contractuelles dictent déjà l’avenir avant même la mi-saison, le spectacle risque de prendre le pas sur la pure compétition.

 

 

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