Carlo Pernat

Après l’enthousiasme de l’annonce officialisant leur arrivée, les courses sprint font aujourd’hui débat. C’est un peu tard, mais les arguments malgré tout avancés méritent que l’on s’y attarde. Ce nouveau format des Grands Prix pose des questions de fond que Cal Crutchlow a soulevé, tandis que chez KTM, on reconnait un saut dans l’inconnue. Aleix Espargaró avait été un élément précurseur d’une certaine critique que d’autres de ses collègues, ainsi Marc Marquez, considère moins importante que la nécessité d’avancer pour assurer sa pérennité dans le grand bal des sports mécaniques. Comme manager, Carlo Pernat donne sa vision de l’intérieur du paddock.

Ce qui est acquis avec ces courses sprint, c’est qu’il y aura plus de tension et plus de travail dans une saison qui sera, qui plus est, historiquement la plus longue de l’histoire des Grands Prix, avec 21 meeting. Et donc 42 courses. Une inflation qui ne change pas seulement l’équilibre du format des Grands Prix. Cal Crutchlow a révélé ce sujet des primes à la course que touchent les pilotes qui ont signé un contrat dont les termes mentionnent la saison. Avec l’arrivée de la course sprint, il y a de quoi renégocier certains points. Mais apparemment les teams font la sourde oreille…

Carlo Pernat connait bien ce dossier, puisque manager de pilotes et on sait depuis cette saison 2022 qu’il ne rigole pas avec les primes. Celle promise par Ducati à son poulain Enea Bastianini s’il terminait sur le podium du championnat a été un enjeu fort entre lui et le constructeur. Alors, il ne va pas s’asseoir sur celle des courses sprint…

Grâce à Alex Rins, Suzuki a pris les devants une dernière fois lors de la finale de la saison à Valence

Carlo Pernat : « les pilotes sont en colère, mais les constructeurs ne nous écoutent pas« 

On lit ainsi sur GPOne sa position : « il y a un gros problème qui se crée, on en parle entre managers, car les constructeurs résistent à payer des mini-bonus pour la Sprint Race. Les pilotes sont en colère, mais les constructeurs ne nous écoutent pas. Je pense qu’il est correct que s’il y a une course samedi avec la moitié des points, alors les pilotes doivent avoir la moitié du bonus ».

Carlo Pernat va même plus loin dans son argumentation, laissant à penser que d’autres soucis finiront par apparaître avec le temps : « tous les problèmes n’ont pas été analysés, la FIM était absente. Il y avait de la pression sur Dorna et ils ont pris des décisions instinctives, au lieu de s’appuyer sur des managers extérieurs, comme Brivio ou Suppo par exemple ». On rappellera cette position de l’Italien à propos de la situation politique et économique du paddock : « au fond de moi, je sais que Bridgpoint, qui contrôle le MotoGP, a perdu 100 millions d’euros en 3 ans… Si Carmelo Ezpeleta ne fait rien, ils diront : ‘M. Carmelo doit gagner de l’argent ou nous lui enlevons 12% de ses actions et l’envoyons se promener ‘ ».

Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna, Stefano Domenicali, PDG de la Formule 1, et Paolo Campinoti, propriétaire de Pramac, ont partagé la scène à Pampelune

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