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Carlo Pernat

Carlo Pernat, manager historique du MotoGP et observateur avisé du paddock depuis plus de vingt ans, n’a pas sa langue dans sa poche. Dans une interview fleuve, il a livré une analyse sans filtre de l’évolution du championnat. Son verdict est cinglant : le MotoGP n’est plus un sport, c’est un spectacle. Et il ne mâche pas ses mots sur les circuits urbains, l’avenir des pilotes, et la disparition programmée de Phillip Island.

Pernat plante le décor dès la première phrase : »il faut bien se faire à l’idée que le MotoGP est un show, plus un sport. »

Pour lui, la recherche du spectacle prime désormais sur l’essence même de la compétition. Et le virage vers les circuits urbains en est la preuve la plus éclatante. « J’ai toujours été contre les circuits urbains, surtout pour la sécurité des pilotes. »

Il rappelle sur moto.it que le MotoGP n’a existé que sur de « vrais circuits » depuis sa création, et que ces vingt dernières années, il n’y a eu que cela. « À la place des pilotes, j’exigerais des garanties à 300 %. »

Carlo Pernat

L’appel aux pilotes de Carlo Pernat : « Fédérez-vous ou disparaissez« 

Le cœur du message de Pernat est un appel à l’union sacrée des pilotes. Il estime qu’ils sont trop dispersés, trop vulnérables face aux décisions des promoteurs.

« Je suggère aux pilotes de se regrouper en association et de désigner une personne qui défendra leurs intérêts. »

Son idée : une cotisation de 5 000 euros par pilote permettrait de financer un représentant professionnel, charismatique, capable de porter leur voix.

« Ils ont besoin de quelqu’un comme ça. Il faut quelqu’un qui ait les connaissances et le charisme nécessaires pour faire respecter certaines règles. »

Il cite Livio Suppo comme un profil idéal pour ce rôle. Pernat ne ménage pas non plus la fédération internationale. « J’espère que la FIM aura la force d’être véritablement libre. J’espère qu’elle redeviendra la vraie FIM. »

Deux conditions essentielles selon lui : les pilotes doivent pouvoir se défendre (et non attaquer). Et la FIM doit retrouver son autorité.

Carlo Pernat observe avec lucidité l’arrivée des géants américains. « Vous avez vu que tous les panneaux d’affichage sont américains ? Absolument tous. »

Il évoque l’avenir avec un mélange de résignation et de lucidité : « quand on est entre les mains de producteurs américains, que voulez-vous faire ? »

Il rend hommage au travail de Carmelo Ezpeleta depuis 1992, qui a bâti un championnat prestigieux. Mais il prédit un changement de garde pour 2027 :

« Je pense qu’Ezpeleta père ne sera plus au conseil d’administration, son fils le remplacera. Et les choses vont définitivement changer. »

Sur le départ de Phillip Island, Pernat ne décolère pas. « C’est une honte qu’ils aient choisi de supprimer le circuit le plus spectaculaire au monde. C’est une insulte à ce sport. »

Il décrit le circuit australien comme : « le plus beau circuit technique du monde, où l’on a vu des courses d’une beauté incroyable. C’est là que se révèle le véritable champion. »

Son analyse est que l’on préfère aujourd’hui des « défilés de pilotes en ville » à un tracé d’exception. « Le sport moto va devenir un rituel télévisé. »

Pernat évoque aussi les évolutions techniques à venir : »2026 marque la fin de la catégorie 1000 cc, puis on passe aux 850 cc. »

Il est convaincu que des changements interviendront également en Moto3 et Moto2 :

« Ça va forcément donner quelque chose, j’en suis persuadé. Ils ne peuvent pas rester comme ça. »

Carlo Pernat a parlé. Et ce qu’il dit, beaucoup le pensent tout bas. Le MotoGP change, profondément, et cette transformation ne fait pas l’unanimité.

Ses craintes sont claires : la sécurité des pilotes sur les circuits urbains, le manque de représentation collective des pilotes, la dilution de l’identité sportive au profit du show et la perte des circuits historiques comme Phillip Island.

Ses espoirs ? Que les pilotes s’unissent, que la FIM retrouve sa force, et que l’âme du championnat survive à la machine américaine.

« Le monde évolue, l’innovation est là et elle doit l’être. Mais les gars, une nouvelle ère commence » conclut-il.

Une ère que Pernat observe avec un mélange de curiosité et d’inquiétude. L’avenir dira s’il avait raison d’alerter.

MotoGP 2026. Carlo Pernat à propos de ses adieux à Phillip Island : « Une insulte à ce sport. Chaque pilote devrait payer 5 000 euros pour avoir un représentant. Qui ? Moi ou Livio Suppo. » [VIDÉO]

 

 

 

 

 

 

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