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Casey Stoner

Casey Stoner devait simplement célébrer la sortie du jeu Ride 6, où il figure parmi les légendes jouables. Mais au détour d’une interview accordée à Crash.net, Casey Stoner a livré une confession bien plus personnelle : sa santé s’est à nouveau détériorée, l’empêchant de profiter de la moto comme il l’espérait.

Le double champion du monde MotoGP (2007, 2011) semblait pourtant sur la bonne voie en 2025. Il avait retrouvé le plaisir de rouler, se sentait en forme et recommençait à s’investir autour de sa passion. Jusqu’à ce que tout bascule après un voyage en Europe, marqué notamment par sa participation au VR46 Motor Ranch de Valentino Rossi et par un passage au salon EICMA à Milan.

« Malheureusement, il y a quelques mois, ma santé s’est dégradée, et je n’ai donc pas pu faire beaucoup de moto. Avant cela, j’avais repris la moto et j’étais très content de ma forme physique. Puis, soudain, je suis rentré d’Europe, j’ai attrapé un virus et j’ai replongé dans une fatigue chronique. J’ai donc dû mettre la moto de côté, mais j’espère que cette année, nous pourrons reprendre le rythme et recommencer à prendre du plaisir à rouler. »

Casey Stoner, un mal inattendu : les bras qui lâchent

La dernière fois que Stoner est monté sur une moto remonte justement au VR46 Motor Ranch. Une expérience qu’il évoque avec franchise, sans rien masquer de ses difficultés physiques.

« C’était bien. On commençait lentement à faire quelque chose, un peu plus autour des motos et de ce genre de choses, mais je luttais énormément contre une blessure au métacarpien, celle qui provoque un syndrome des loges au bras. »

L’ancien pilote Honda et Ducati explique qu’il n’avait jamais réellement souffert de syndrome des loges durant sa carrière, contrairement à de nombreux pilotes du paddock. Mais cette fois, les sensations étaient différentes… et inquiétantes.

« Je n’en avais jamais vraiment souffert. Je pensais que c’était une simple blessure au bras et je me disais : “Plus je cours, moins ce sera grave”, mais ça empirait. Du coup, à Vale Ranch, je ne pouvais pas enchaîner plus de quatre ou cinq virages sans que mes bras ne se contractent tellement que c’était insupportable. »

Pour un pilote réputé pour son pilotage physique, instinctif, capable de contrôler les glisses à la limite sans dépendre de l’électronique, cette perte de sensation est presque cruelle.

Entre mars 2002 et novembre 2012, Stoner n’avait jamais été confronté à ce type de problème. Ironie du sort : c’est plus d’une décennie après sa retraite qu’il découvre cette faiblesse.

Il raconte néanmoins une petite amélioration progressive lors de ses dernières tentatives en 2025 : « nous sommes remontés sur une moto en 2025, c’était un peu mieux malgré une légère gêne aux bras ; en fait, au fil de la soirée, juste au moment de s’arrêter, mes bras ont commencé à aller de mieux en mieux, et nous avons pu enchaîner les tours. » Mais l’arrêt prolongé, combiné aux soucis de santé récents, a brisé cet élan.

Stoner le reconnaît sans détour : le corps n’oublie pas si facilement… surtout après des années loin de la compétition.

« Mais comme j’ai été éloigné de la moto pendant un certain temps à cause de problèmes de santé, mon corps a du mal à récupérer rapidement, notamment au niveau de la circulation sanguine dans mes bras. C’est une activité que je pratiquais depuis des années et que j’ai complètement arrêtée. Je n’ai pratiquement pas touché à une moto depuis sept ou huit ans, alors il va me falloir du temps pour retrouver ma force dans les bras. »

Ce témoignage touche particulièrement quand on se souvient de la brutalité de sa retraite fin 2012, à seulement 27 ans, alors qu’il était encore au sommet de son art. Depuis, l’Australien a toujours entretenu une relation ambivalente avec la moto : passion intacte, mais santé fragile.

À 40 ans passés, Stoner ne parle plus de titres ni de chronos. Il parle de plaisir. De santé. De patience.

Ce qui frappe, c’est la lucidité. Aucun discours héroïque, aucune posture. Juste la réalité d’un ancien champion qui doit composer avec un corps moins coopératif qu’autrefois.

Le numéro 27 ne promet pas un retour spectaculaire. Il espère simplement pouvoir rouler à nouveau. Pour le plaisir.

Et quelque part, c’est peut-être là son plus grand défi depuis sa retraite : retrouver la moto, non pas pour gagner, mais pour se sentir vivant dessus.

Casey Stoner, Grand Prix d'Autriche MotoGP 2025. Crédit : Gold and Goose.

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