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Marc Marquez

Pour Casey Stoner, la supériorité de Marc Marquez ne se résume ni à la vitesse pure ni au talent brut. Ces deux éléments sont évidents, indiscutables, presque hors débat. Ce qui fait réellement la différence, selon le double champion du monde australien, se joue ailleurs, dans la tête et dans la gestion stratégique de la course. Et c’est là que l’analyse devient fascinante.

Stoner ne tourne pas autour du pot : « son talent, sa vitesse, tout ça, c’est indéniable, il n’y a pas à remettre ça en question. Si vous l’avez fait, c’est qu’il y a un problème chez vous. »

Mais derrière cet hommage se cache une critique implicite du reste du paddock. « Oui, il y a beaucoup de pilotes rapides en ce moment, mais je ne pense pas qu’ils exploitent pleinement leur potentiel. C’est là que Marc les surpasse maintenant. » Autrement dit : la grille est rapide… mais elle ne réfléchit pas comme lui.

Sur crash.net, Stoner va plus loin, presque mystérieux : « Marc avait effectivement une grosse faiblesse par le passé que personne n’a, je crois, remarquée, et je ne dirai toujours rien à ce sujet. » Phrase lourde de sens.

Il ajoute : « il est surprenant que personne n’ait su l’exploiter, car tout le monde le voyait comme un adversaire redoutable et, au lieu de chercher comment s’améliorer, comment rivaliser avec Marc, ils le percevaient simplement comme un concurrent incroyablement difficile. » Au lieu d’analyser, ils ont subi.

Entre 2019 et 2025, Marquez a vécu l’enfer : blessures, opérations, Honda en chute libre, reconstruction chez Gresini puis arrivée chez Ducati. Une traversée du désert inédite pour un multiple champion.

Marc Marquez

Casey Stoner : « ces dernières années, malgré les difficultés, ont permis à Marc Marquez de développer une force, une intelligence et une patience accrues »

Pour Stoner, cette période a tout changé : « ce que ces dernières années, malgré les difficultés, lui ont permis de développer une force, une intelligence et une patience accrues. C’est précisément ce qui manque à tous ses concurrents actuels. »

Le Marquez des années 2010 gagnait à l’instinct, à la limite, parfois au bord de la chute. Le Marquez version 2025 gagne au calcul.

Voici le cœur de l’analyse. « Un thème très récurrent que j’ai observé tout au long de 2025, et que personne n’a suffisamment relevé, c’est sa patience avec les pneus. »

Stoner insiste : Marquez construit ses courses. Il accepte de ne pas être le plus rapide dans les cinq premiers tours. Il observe. Il préserve.

Puis il frappe. « C’est toujours en fin de course qu’il était incroyablement fort parce qu’il ménageait tellement ses pneus dans les premières étapes. »

Ce n’est plus une démonstration de force. C’est une démonstration de maîtrise.

Stoner ose la comparaison avec Max Verstappen : « les très bons pilotes en Formule 1, en particulier Max, lorsqu’ils ont chaussé les pneus neufs après un arrêt au stand, effectuent plusieurs tours avant de commencer à les attaquer. »

Même logique : entrer progressivement dans la performance pour mieux dominer la fin du relais.

« Je pense que Marc a compris ce qu’il faut faire avec ces pneus MotoGP et il est vraiment patient avec eux. »

Autre point clé : la gestion de l’adhérence sans dépendance excessive aux aides. « Tous les autres se contentent de s’appuyer sur l’électronique, et l’électronique ne fait que réagir à une réaction. » Marc Marquez, lui, anticipe.

« Marc empêche donc l’électronique d’intervenir et préserve au maximum le pneu afin que, lorsque l’électronique reprend le contrôle, elle n’ait pas à gérer ce glissement extrêmement rapide. »

C’est un style que Stoner connaît parfaitement : « c’est quelque chose dont j’étais fier, de ne pas avoir besoin d’électronique. »

Un pilote qui ressent l’adhérence avant que les capteurs ne la détectent est toujours en avance sur la machine.

Stoner décrit une transformation complète : « il relève la moto bien plus que les autres. Il est beaucoup plus patient, surtout en début de course. Il sollicite beaucoup moins ses pneus. »

Résultat ? Quand les autres s’effondrent, lui accélère. « Il dispose déjà d’un pourcentage de pneus supérieur aux autres, ce qui lui permet de trouver quelque chose que les autres ne peuvent pas. »

Ce « quelque chose », c’est la victoire dans les cinq derniers tours.

Le jeune Marquez impressionnait par son audace. Le Marquez actuel impressionne par son intelligence. Il ne cherche plus à humilier. Il cherche à optimiser.

Et selon Casey Stoner, c’est précisément ce mélange de patience, de lecture stratégique et de sens mécanique qui explique pourquoi, après six années d’enfer, il est revenu encore plus fort. Pas seulement plus rapide. Plus intelligent.

Marc Marquez, Grand Prix du Japon MotoGP 2025, voie des stands. Crédit : Gold and Goose.

 

 

 

 

 

 

 

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