Le MotoGP s’apprête à vivre une saison 2026 hors normes… littéralement. Avec le lancement de la Harley-Davidson Bagger World Cup, une toute nouvelle coupe du monde dédiée aux motos de type bagger, l’univers du MotoGP ouvre une fenêtre unique entre sport de haut niveau et culture moto populaire, où puissance, bruit et spectacle sont au rendez-vous.
Ce championnat inédit fera escale sur six manches du calendrier MotoGP 2026, regroupant certaines des épreuves les plus emblématiques du calendrier mondial. Amendé par le partenariat entre Dorna Sports et Harley-Davidson, ce projet vise à attirer un public plus large, à croiser les cultures de la moto sportive et custom, et à repenser l’expérience du week-end de Grand Prix.
Le règlement de cette nouvelle coupe du monde donne la priorité à deux éléments qui, jusqu’ici, n’avaient jamais été au cœur de l’attention dans l’environnement MotoGP : la puissance brute et le spectacle sonore.
La formule est simple et tape à l’œil. Prenez des Harley-Davidson Road Glide, ces mastodontes de plus de 280 kg conçus pour le confort sur les longues routes. Equipez-les du monstrueux moteur Screamin’ Eagle V-Twin de plus de 200 chevaux, allégez-les et préparez-les pour la piste. Résultat : des bolides capables de frôler les 300 km/h en dépit de leur poids et de leurs emblématiques sacoches latérales. Un cocktail de bruit et de spectacle censé séduire les fans là où la MotoE, plus silencieuse, n’aurait pas réussi.
Les baggers sont des motos lourdes, puissantes et conçues pour une expérience de conduite différente de celle des machines GP. Dans un monde où le bruit et la présence mécanique sont souvent perçus comme des nuisances, cette série assume pleinement ces caractéristiques, en faisant précisément des atouts.

Le concept du Harley-Davidson Bagger : la puissance brute pour conquérir les cœurs, mais il faut convaincre le paddock !
Le public qui assiste à ces courses ne cherche pas uniquement des chronos ou des trajectoires parfaites : il recherche le sens de l’attaque, le grondement des moteurs et les accélérations franches, caractéristiques propres à l’ADN Harley-Davidson.
Pourtant, à deux mois du coup d’envoi inaugural à Austin (27-29 mars 2026), le rêve américain peine à convaincre les écuries. Une grille de seulement quatre équipes est annoncée, loin des ambitions affichées.
La Bagger World Cup n’est pas seulement un show mécanique : c’est aussi un championnat qui se bâtit petit à petit, jusqu’à devenir une compétition à part entière.
Plusieurs équipes ont déjà confirmé leur inscription. Chaque formation travaille à assembler un trio complet de pilotes pour représenter sa bannière sur l’ensemble de la saison. Dans une discipline encore embryonnaire, les stratégies d’engagement sont aussi variées que les machines elles-mêmes.
Certaines structures optent pour une approche plus expérimentée, en recrutant des pilotes déjà connus du monde moto, tandis que d’autres explorent des profils plus controversés, cherchant un mélange entre talent, expérience et engagement spectacle.
À ce stade, les équipes continuent de préparer leurs machines, peaufinent les réglages et testent de nouveaux concepts pour tirer le meilleur parti de ces machines radicalement différentes des GP classiques.
Alors que les organisateurs tablaient sur une grille de 12 à 16 pilotes répartis dans 6 à 8 équipes, seules quatre écuries se sont officiellement engagées à ce jour. Ces quatre formations aligneront neuf pilotes au total, soit exactement la moitié du plateau de 18 engagés que comptait la MotoE lors de sa saison finale en 2025. Un démarrage en demi-teinte pour ce championnat qui cherche encore sa légitimité.
Pourquoi un tel décalage entre l’ambition et la réalité ? Le timing joue contre le nouveau championnat. Dans cette phase embryonnaire, de nombreuses équipes adoptent une attitude de « wait and see », préférant observer la viabilité du projet avant d’investir dans un matériel aussi spécifique et coûteux.
Les organisateurs gardent espoir. Aucune date limite d’inscription n’a encore été fixée, laissant la porte ouverte à d’autres engagements dans les deux mois qui nous séparent de la première course. Un programme de contingence avec un riche prix a été mis en place avec le partenaire Dunlop pour inciter les écuries hésitantes à franchir le pas.
Ce nouveau chapitre du MotoGP est un pari ambitieux. Outre le caractère inédit de l’épreuve, il pose des questions intéressantes sur la manière de concevoir un sport mécanique qui fait de la puissance et du bruit non pas un problème, mais une attraction.
Avec des baggers et des équipes prêtes à faire vibrer les circuits de grand prix les plus célèbres du monde, cette Bagger World Cup sera sans doute l’un des événements les plus commentés de la saison 2026, non seulement pour ses courses, mais aussi pour son audace scénographique.
































