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Danilo Petrucci

Alors que le paddock de Buriram lance la saison 2026, le marché des transferts pour 2027 est déjà quasiment clos. Cette situation ubuesque fait réagir les anciens, notamment Danilo Petrucci, qui voit dans cette précipitation un danger pour l’équité sportive et la motivation des pilotes. Voici le décryptage de ce « marché de dupes » qui agite les coulisses du Grand Prix de Thaïlande.

Le MotoGP n’a même pas encore lancé sa saison 2026 que la grille 2027 semble déjà presque bouclée. Et cette frénésie contractuelle fait grincer des dents. Danilo Petrucci, lui, sait exactement ce que cela signifie. Il l’a vécu de plein fouet…

Retour en arrière. En 2020, la pandémie de Covid retarde le début du championnat. Les pilotes sont confinés. Les moteurs sont silencieux. Mais le marché, lui, ne s’arrête pas.

Ducati décide de préparer l’avenir… sans attendre le premier Grand Prix. Petrucci apprend qu’il sera remplacé par Francesco Bagnaia et Jack Miller, alors que la saison n’a même pas commencé.

Il s’en souvient encore : « oui, je l’ai vécu en 2020, alors que j’étais confiné chez moi à cause du Covid. C’est là que Ducati a embauché les pilotes des années suivantes, Bagnaia et Miller, alors que le championnat était encore censé commencer en 2020. » Une décision froide, stratégique… mais brutale.

Danilo Petrucci

Danilo Petrucci : « Je ne comprends pas cette logique »

À l’approche de 2026, le scénario se répète à grande échelle. Marc Marquez devrait rester chez Ducati. Pedro Acosta est annoncé en rouge. Bagnaia serait lié à Aprilia jusqu’en 2030. Fabio Quartararo filerait chez Honda. Jorge Martin passerait chez Yamaha. Et pourtant, pas un seul Grand Prix n’a encore été disputé.

Petrucci s’interroge sur moto.itil est clair que ce n’est bon pour personne. C’est pourquoi j’ai toujours du mal à comprendre ce que signifie réellement faire tout cela à cette période de l’année, sans même voir comment le pilote performe pendant l’année. »

Son argument est simple : comment s’engager sur deux ou trois saisons sans savoir ce que donnera l’année en cours ?

Petrucci cite le cas de Jorge Martin, victime de blessures en 2025. « Parce que tout peut arriver, comme ce qui est arrivé à Martin, qui se blesse, ou qu’il puisse se passer quelque chose avant même qu’on ait pu voir les performances d’un pilote pendant l’année. »

Une saison est longue. Une blessure, une mauvaise adaptation technique, un changement réglementaire… et toute la hiérarchie peut être bouleversée. Signer trop tôt, c’est prendre un pari à l’aveugle.

Face à cette inflation contractuelle, certains proposent une solution : instaurer une fenêtre officielle de mercato.

Carlos Checa, ancien vainqueur de Grand Prix, soutient cette idée. Selon lui, fixer une période de négociation en milieu de saison permettrait d’évaluer les performances réelles, d’éviter les engagements précipités, de maintenir la motivation des pilotes.

Car aujourd’hui, plusieurs stars rouleront en 2026 en sachant déjà qu’elles porteront d’autres couleurs en 2027. La question devient alors inévitable : peut-on vraiment donner 100 % pour une équipe que l’on quitte déjà mentalement ?

Le MotoGP moderne est ultra-stratégique. Les constructeurs verrouillent les talents deux ans à l’avance. Les managers négocient en coulisses dès la présaison. Les pilotes jouent un double calendrier : sportif et contractuel.

Danilo Petrucci, avec le recul de l’expérience, ne condamne pas frontalement le système. Mais il en souligne l’absurdité.

Signer avant de courir. Remplacer avant d’évaluer. Décider avant de voir. Il l’a vécu. Et il sait que dans ce jeu-là, ce ne sont pas toujours les plus rapides qui gagnent… mais les plus rapides à signer.

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