Après des saison 2017 et 2018 convaincantes avec Ducati Pramac, la signature chez Ducati Team devait libérer Danilo Petrucci. L’italien est présent en catégorie reine depuis 2012 et pour la première fois, il aurait l’opportunité de prétendre à des victoires régulièrement. La moto étant plus forte que jamais, le titre était lui aussi potentiellement envisageable.

Deux saisons plus tard, Petrucci signe avec KTM Tech3 pour la saison 2021. Si la formation française est loin d’être ridicule notamment grâce à Miguel Oliveira et son exploit de Spielberg, le changement de constructeur ne semble pas optimal pour sa carrière. Mais n’est-ce pas là une belle occasion de remonter la pente ? Comment le sympathique mais discret italien en est arrivé à ce stade crucial dans sa carrière ? Peut-il réussir chez Tech3 ? Tant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

Petrucci peut se vanter d’avoir mérité ce guidon Ducati officiel. Ce dernier écuma les teams CRT au début de la décennie et connut les pires conditions pour se développer. Il arriva en MotoGP avec un bagage limité sur le plan international et ne put se targuer que d’une deuxième place au championnat FIM Superstock 1000 Cup 2011, battu par Davide Giugliano au général.

Photo : Michelin Motorsport

Une opportunité chez l’équipe Came Iodaracing Suter se présente et Danilo plonge dans le grand bain. L’équipe évolue parmi les Claiming Rule Teams, une catégorie de motos moins puissantes créée pour remplir la grille. Forcément, les résultats ne sont pas brillants.

Au sortir de la saison 2013, il n’aura scoré qu’une huitième place comme plafond après deux saisons avec son équipe. Un transfert l’envoie chez ART. Catastrophe. Il pointe en vingtième place au général à la fin de la saison; La faute à une blessure l’empêchant de disputer quatre courses. Seuls quatre pilotes engagés à l’année terminent derrière lui : Colin Edwards, Broc Parkes, Michael Laverty et Mike Di Meglio.

À ce stade beaucoup auraient abandonné. Pas Danilo Petrucci. Ce dernier prend sur lui et redouble d’efforts pour espérer, un jour, atteindre les sommets. Ducati Pramac l’engage en 2015 et sauve littéralement sa carrière.

Instantanément, il comprend la machine encore capricieuse à cette époque. Il affiche une régularité impressionnante au début et termine même deuxième à Silverstone, déchaîné. La saison 2016 est une parenthèse dans sa carrière à cause d’une nouvelle blessure. Encore une fois, il fait preuve d’une détermination à toute épreuve et revient plus fort en 2017. Chez Pramac, il croise le fer avec Scott Redding puis Jack Miller mais parvient toujours à tirer son épingle du jeu.

Ducati le récompense d’un guidon officiel en remplacement de Jorge Lorenzo pour l’année 2019. Rendez-vous compte du parcours enduré depuis tant d’années. Entre blessures et galères, il réalise un rêve en signant dans une écurie aussi compétitive.

“Petrux” est dans le mal. Ici, au Grand Prix de Styrie 2020. Photo : Michelin Motorsport.

Tout commençait pour le mieux : Un premier podium au Mans prometteur, suivi d’une magnifique victoire au Mugello devant son public. Un moment intense pour un homme discret, généreux en piste et toujours souriant. Oui mais Voilà. Danilo peine énormément en fin de saison 2019 et n’arrive pas à se remobiliser pour 2020. À l’heure où ces lignes sont écrites, il ne figure qu’en 14e place du classement général. 


Tech3 est habitué à ces cas difficiles, aux hommes de grand cœur sur lesquels personne n’aurait osé parier. Ces pilotes discrets et durs au mal ne sont pas étrangers à Hervé Poncharal, qui s’affiche comme le parfait leader pour gérer un pilote talentueux mais – sans doute – démotivé.

Danilo Petrucci, à 29 ans, est loin d’être fini. Se battre en fond de grille ? Il connaît. S’ils sont bien gérés et collent à la philosophie de l’équipe, les pilotes de ce type peuvent créer la surprise et prendre des podiums à l’expérience, en outsiders. S’adapter à une nouvelle machine après six saisons chez Ducati ne sera pas facile, c’est certain, mais ne sera pas plus difficile que de maîtriser une Ioda – Suter.

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport



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