Le constat est sévère, mais lucide. Davide Brivio, ancien patron du team usine Yamaha et architecte du projet Suzuki champion du monde, estime que la M1 version 2026 n’est qu’une étape intermédiaire. La « vraie » Yamaha, selon lui, arrivera en 2027. Autrement dit : 2026 pourrait être une année de transition assumée.
Yamaha a abandonné son mythique quatre cylindres en ligne pour adopter un moteur V4, un changement radical après des décennies de continuité technique. Brivio, qui a vécu l’expérience inverse chez Suzuki en 2015 (passage du V4 à l’en ligne), compare :
« Durant mon expérience chez Suzuki, nous avons effectué la transition inverse […] et la transition s’est faite sans trop de difficultés. »
Chez Suzuki, les problèmes initiaux concernaient surtout la fiabilité et la puissance, mais la compétitivité était rapidement au rendez-vous. Chez Yamaha, la situation semble différente.
« Je ne m’attendais absolument pas à une telle situation de la part de Yamaha. Ils sont confrontés à un changement majeur et historique. »

Davide Brivio : « ils ont tout ce qu’il faut pour se remettre sur les rails »
Brivio n’enterre pas Yamaha. Au contraire. « Ils ont une excellente équipe, de très bons ingénieurs […] et un budget conséquent. Ils ont tout ce qu’il faut pour se remettre sur les rails. »
Mais il pose sur GPOne une hypothèse forte : « cette année peut être une année de transition, d’apprentissage, de problèmes, de difficultés, avant de mettre tout cela en pratique en 2027. »
En clair : Yamaha aurait volontairement accepté une saison 2026 compliquée pour accumuler des données, comprendre le comportement du V4 et préparer la révolution réglementaire de 2027.
Le problème, c’est que les performances actuelles ne montrent aucun bond en avant évident. Fin 2025, Augusto Fernandez roulait en wild card avec la V4 et terminait entre 40 et 50 secondes derrière le vainqueur. À Buriram, les simulations longues de Jack Miller laissent craindre un écart similaire. Un déficit massif à ce niveau.
Comme si cela ne suffisait pas, Yamaha pourrait perdre Fabio Quartararo fin 2026, pressenti chez Honda.
Son coéquipier Alex Rins espère déjà que ses retours techniques pèseront davantage dans le projet futur. Le constructeur d’Iwata joue donc sur deux tableaux : surmonter une saison 2026 possiblement difficile. Et reconstruire un leadership technique pour 2027.
Si Brivio a raison, Yamaha n’est pas en train d’échouer. Elle est en train d’investir. Mais dans un MotoGP où les contrats se signent deux ans à l’avance et où les pilotes perdent patience rapidement, une année « sacrifiée » peut coûter très cher.
2026 dira si Yamaha souffre… ou si elle prépare silencieusement son retour. La vraie réponse arrivera en 2027.

























