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Davide Tardozzi

Il y a des défaites qui se lisent dans le classement… et d’autres qui se comprennent dans les mots. À Austin, Ducati n’a pas seulement été battu par Aprilia : le constructeur italien a reconnu, presque à nu, l’ampleur de l’écart qui s’est creusé. Et cette fois, il ne s’agit plus d’un ressenti. C’est une mesure. « Aprilia a connu une progression remarquable. […] Ils ont gagné 7 à 8 dixièmes de seconde. […] Nous avons progressé de 1 à 2 dixièmes » signale ainsi Davide Tardozzi.  En MotoGP, un dixième fait déjà la différence. Huit, c’est un monde.

Depuis le début de saison, Marco Bezzecchi impose un rythme que personne ne tient. Mais derrière cette impression de facilité, il y a une réalité technique que Ducati commence à mesurer avec précision.

Tardozzi ne parle pas sur moto.it d’une intuition. Il parle de données. « Bez a progressé de 7 à 10 dixièmes, Ogura de 8. »

Autrement dit, Aprilia ne dépend pas d’un seul homme. La performance est globale, reproductible, presque systématique. Une moto qui fonctionne, des pilotes qui s’adaptent, et un ensemble qui avance d’un bloc. Pendant ce temps, Ducati progresse… à petits pas.

Ce qui frappe le plus à l’écoute du discours Ducati, ce n’est pas l’inquiétude. C’est la lucidité. « Nous devons travailler. »

Pas d’excuses. Pas de fuite. Juste un constat : le rythme est imposé ailleurs. Et ce rythme, Ducati n’arrive plus à le suivre sur la durée. Même lorsque ses pilotes trouvent des solutions ponctuelles, l’équilibre ne tient pas.

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Davide Tardozzi : « L’analyse montre que Marc n’est pas à 100 % de ses capacités »

Le cas de Marc Marquez résume parfaitement la situation. « L’analyse montre que Marc n’est pas à 100 % de ses capacités. »

Et pourtant, sur quelques tours : « en cinq ou six tours, il a repris huit dixièmes à Bezzecchi. » Tout est là. Ducati peut rivaliser… mais par fragments. Par éclairs. Pas sur une course entière. Là où Aprilia déroule, Ducati lutte.

Dans le détail, les pilotes évoquent une dépendance excessive au pneu arrière. Une difficulté à exploiter l’adhérence, à la conserver, à construire un rythme stable.

Pendant ce temps, Aprilia semble évoluer dans un autre registre : plus constant, plus lisible, plus efficace quand la piste se complique.

Un détail technique, en apparence. Mais c’est exactement ce genre de détail qui décide d’un championnat.

Davide Tardozzi ne se cache pas derrière les circonstances, même si elles existent — condition physique imparfaite de certains pilotes, incidents de course, adaptation encore en cours.

« Nous devons être plus attentifs à notre gestion, mieux comprendre les besoins des pilotes. » Le message est clair. Le problème n’est pas extérieur. Il est interne.

« J’espère que nous pourrons ramener quelque chose à Jerez. » C’est là que Ducati attend sa réponse. Une évolution, une correction, un signe. Car même si la saison est encore longue — « Il reste encore 19 courses, donc tout n’est pas perdu. »

Le championnat, lui, n’attend pas. Aprilia avance. Et chaque week-end où l’écart se maintient rend le retour un peu plus difficile.

Le constat est désormais posé, sans détour. Aprilia a franchi un cap. Ducati ne l’a pas encore suivi. Et quand votre rival progresse quatre fois plus vite que vous, le problème n’est plus la course suivante. C’est toute la saison.

Ducati est à un tournant de son histoire moderne. Pour la première fois depuis des années, ils ne sont plus les « chasseurs » mais le gibier. L’aveu de Tardozzi sur l’écart de progression est un aveu d’impuissance temporaire. Si Gigi Dall’Igna ne sort pas un « miracle » technique de ses cartons pour Jerez, le championnat pourrait s’échapper définitivement vers Noale avant même l’été.

 

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