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Ducati

À première vue, la saison 2025 semblait raconter une histoire simple : Marc Marquez domine, Ducati gagne, la GP25 est forcément meilleure que la GP24. Mais derrière la vitrine des victoires, les chiffres racontent une autre réalité. Et ils sont inquiétants pour Borgo Panigale. Le journaliste et ancien pilote Mat Oxley a mis les mains dans les données brutes… et le verdict est sans appel : la Ducati GP25 est globalement plus lente que la GP24.

Dans le podcast Oxley Bom MotoGP, Mat Oxley explique sa méthode, implacable : « j’ai comparé toutes les courses 2024 et 2025 où les conditions étaient strictement comparables. Il y en a onze. »

Résultat ? 6 courses plus lentes en 2025, 3 seulement plus rapides, 2 strictement identiques. « Sur six courses, le vainqueur – généralement Marquez – était plus lent qu’en 2024. Il battait tout le monde, oui… mais il était plus lent. »

Conclusion d’Oxley : « après l’énorme bond en avant de 2024, il y a eu un recul en 2025. La GP25 n’est pas meilleure que la GP24. »

La domination de Marquez a camouflé les défauts structurels de la GP25. Mais dès qu’on regarde les autres pilotes Ducati, le vernis craque.

Francesco Bagnaia :  2024 : 18 victoires, titre manqué de 10 points, 2025 : saison en grande difficulté, avenir en suspens chez Ducati. S’il ne parvient pas à rivaliser avec Marquez, son avenir en rouge après 2026 est loin d’être garanti.

Fabio Di Giannantonio : jamais réellement à l’aise avec la GP25, performances irrégulières, confirmation que la moto est beaucoup plus exigeante que la GP24.

Oxley révèle un détail fascinant — et accablant pour la GP25 : « à Motegi, le seul circuit où Bagnaia gagne en 2024 et en 2025, son temps de course est identique à la seconde près. »

Et surtout… Bagnaia avait remplacé certaines pièces de la GP25 par des éléments de GP24. Résultat ? Pole position, victoire en sprint, victoire en Grand Prix, aucun tour mené perdu. Un week-end parfait … avec une moto partiellement rétrogradée.

Francesco Bagnaia abordait l'hiver avec de nombreuses interrogations.

L’effet Marc Marquez : le génie qui masque les défauts et crée une crise chez Ducati

Oxley cite plusieurs tracés où Ducati a régressé malgré les victoires de Marc Marquez : Barcelone, Mugello, Assen, Sachsenring …  « Ce sont pourtant des circuits où Marquez gagnait… mais en allant moins vite qu’en 2024. »

Pendant ce temps, Aprilia Racing est montée en puissance en seconde moitié de saison, avec Marco Bezzecchi concluant l’année par deux victoires et une solide 3e place au championnat.

Ducati doit maintenant décider : continuer à suivre la vision de Marquez ? Ou revenir à une philosophie plus équilibrée, inspirée de la GP24 ?

La délégation du développement 2026 à Bagnaia aurait même été interrompue, Ducati souhaitant désormais s’assurer que Marquez valide chaque direction technique.

Oui, Ducati a gagné. Oui, Marquez a dominé. Mais les chiffres sont formels : la GP25 n’est pas une évolution, c’est une régression masquée par un génie du pilotage.

Et si Ducati ne corrige pas rapidement le tir, 2026 pourrait être l’année où la concurrence les rattrape… pour de bon.

La vraie question n’est plus “Ducati est-elle encore la meilleure ?” Mais bien : “combien de temps Marc Marquez pourra-t-il encore cacher ses failles ?”

Pour Ducati, le défi de 2026 ne sera pas seulement de battre Aprilia ou KTM. Il sera de réconcilier l’inconciliable : construire une moto qui permette à la fois à Marc Marquez de dominer et à Francesco Bagnaia (ou son successeur) de se battre pour la victoire.

L’ère du « tout pour Marquez » a fonctionné une saison, mais elle a aussi montré ses limites dangereuses. Borgo Panigale doit maintenant retrouver le chemin d’une machine universellement compétitive, sous peine de voir son empire se fissurer de l’intérieur. Comme un air de déjà vu en MotoGP

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