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Le début de saison MotoGP 2026 a pris des allures de séisme dans le paddock, et du côté de Ducati, l’inquiétude n’est plus feutrée : elle est désormais palpable, presque assumée. En coulisses, Luigi Dall’Igna et Davide Tardozzi n’ont pas mâché leurs mots, estimant qu’Aprilia aurait « grandement profité » de la fameuse carcasse spéciale des pneus Michelin introduite pour faire face aux températures extrêmes.

Car sur la piste, les faits sont brutaux. Marco Bezzecchi ne se contente pas de gagner : il domine. Deux victoires en deux courses, une série portée à quatre succès consécutifs depuis la fin de la saison précédente, et déjà une avance solide — 11 points sur Jorge Martin, 19 sur Fabio Di Giannantonio, et 22 sur Marc Marquez. Une démonstration d’autorité qui bouscule l’ordre établi.

Ducati, longtemps référence incontestée, vacille. Et si la supériorité d’Aprilia ne relevait pas uniquement du travail technique interne ? Michelin, en optant pour une carcasse arrière plus dure lors des premières manches, a peut-être involontairement redistribué les cartes. Une hypothèse que Ducati connaît bien, la marque italienne ayant déjà souffert par le passé avec ce type de configuration. Selon El Periodico, les dirigeants de Borgo Panigale auraient laissé entendre que ce changement temporaire avait « grandement profité » à Aprilia.

Mais au-delà de l’explication technique, c’est la manière qui inquiète. En interne, Ducati se dit « préoccupé » par la « facilité » avec laquelle Aprilia s’impose. Un mot revient dans les discussions : aisance. Et c’est bien cela qui dérange.

Francesco Bagnaia lui-même ne s’en cache plus : Aprilia a pris l’avantage. Pourtant, à Borgo Panigale, on espère encore que cette montée en puissance n’est qu’un feu de paille, un emballement lié à des conditions spécifiques. Les prochaines courses, plus “classiques”, devraient — en théorie — rééquilibrer les forces.

Aprilia

La théorie du « Pneu Sauveur » pour Aprilia

Tous les regards se tournent désormais vers Austin. Le Grand Prix des Amériques pourrait bien faire office de juge de paix. Sur ce circuit où Marc Marquez règne historiquement, Ducati attend une réaction. Car si Aprilia venait à s’imposer là-bas, le doute changerait de nature : il deviendrait structurel.

Et certains signaux sont déjà préoccupants. Voir Fabio Di Giannantonio devancer Marquez en qualifications n’est pas anodin. Cela suggère que le n°93, pourtant attendu comme le leader naturel du projet Ducati, n’est pas encore totalement en phase avec sa machine. Une situation inhabituelle, presque dérangeante, tant son statut semblait acquis.

Pendant ce temps, l’autre côté du garage plonge dans une crise plus profonde encore. Francesco Bagnaia, malgré une remise à zéro hivernale et un changement de moto, reste englué dans ses difficultés. Treizième du championnat après deux manches, il incarne une Ducati en perte de repères.

Même les voix extérieures alimentent le trouble. Max Biaggi, pourtant ambassadeur d’Aprilia, continue d’affirmer que Marquez est le favori pour le titre. Un discours classique pour détourner la pression… mais qui ne masque plus la réalité du terrain.

Ducati prépare déjà la riposte avec une mise à jour attendue à Jerez. Aprilia, de son côté, ne compte pas ralentir. La hiérarchie n’est jamais figée en début de saison, surtout avant l’Europe. Mais une chose est sûre : Ducati n’a plus le luxe de l’attentisme.

Dall’Igna et Tardozzi jouent gros. En attribuant le succès d’Aprilia aux pneus Michelin, ils tentent de rassurer leurs investisseurs et leurs pilotes. Mais c’est une stratégie risquée : si Bezzecchi ou Martin s’imposent à Austin (où les pneus seront différents), la « théorie de la carcasse » s’effondrera. On sent une équipe Ducati qui attend Jerez comme le Messie, espérant qu’une évolution technique viendra corriger les lacunes de la GP26.

Car même si Marc Marquez parvient à relancer la machine dans la course au titre pilotes, une autre bataille se dessine déjà — et elle est peut-être plus inquiétante encore. Celle du championnat par équipes, où Aprilia s’impose désormais comme le favori naturel. Le MotoGP 2026 n’a peut-être disputé que deux courses… mais il a déjà changé de visage.

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