C’est l’une des questions les plus naïves – et les plus persistantes – du MotoGP moderne : si un pilote gagne avec une moto, pourquoi les autres ne copient-ils pas simplement ses réglages ? En 2025, cette interrogation a poursuivi Francesco Bagnaia et Fabio Di Giannantonio toute la saison. La Ducati GP25 écrasait le championnat… mais uniquement entre les mains de Marc Marquez. Ailleurs, le doute. Le manque de constance. Et surtout, ce maudit ressenti du train avant. Alors pourquoi ne pas copier ? La réponse de Di Giannantonio est brutale. Et définitive.
Car copier paraît logique… mais c’est faux. Le pilote VR46 Racing Team, auteur de neuf podiums pour sa première saison sur une machine d’usine, démonte le fantasme pièce par pièce : « le problème, c’est que chaque pilote travaille, cherche et roule différemment. »
Il observe, analyse, compare, comme tous les pilotes du plateau : « croyez-moi, j’étudie les autres pilotes et j’essaie de m’améliorer là où ils sont meilleurs que moi. » Mais il pose la limite que beaucoup refusent d’entendre : « je ne pourrai jamais reproduire exactement leur façon de travailler ou de piloter. »
Le coup de massue arrive ensuite sur crash.net : « vous pouvez copier la configuration, mais rouler avec cette configuration est une tout autre histoire. » Et lorsqu’on lui parle d’imiter Marquez, Di Giannantonio tranche net : « si je copie les réglages de Marc, je serai dernier, c’est certain. »

Fabio Di Giannantonio : « je tiens à prendre la défense de Pecco… parfois, le problème ne vient pas de lui »
Pourquoi ? Parce que tout dépend de ce que le pilote demande à la moto : « tout dépend de ce que vous demandez à la moto, à l’équipe, de ce dont vous avez besoin pour vous sentir bien, pour attaquer et avoir confiance, pour aller vite. »
La performance n’est pas un bouton ON/OFF. C’est un équilibre fragile entre style de pilotage, sensibilité au freinage, confiance à l’entrée, relation avec l’équipe, capacité à accepter l’instabilité.
Et Marquez, lui, vit dans l’instabilité. Les autres y survivent à peine. Dans ce concert de critiques, Di Giannantonio tient à remettre les pendules à l’heure concernant Bagnaia :
« Je tiens à prendre la défense du pilote, Pecco… parfois, le problème ne vient pas de lui. » Il ajoute, presque agacé : « peut-être qu’ils cherchent la petite bête. Voilà. »
Et conclut sans ambiguïté : « Pecco n’a rien perdu de son talent. » Rappel utile, quand on se souvient que la saison noire de Bagnaia s’est tout de même conclue par un week-end parfait à Motegi, une victoire au sprint à Sepang, et une 5e place finale au championnat.
La Ducati GP25 n’est pas une PlayStation. Les réglages ne sont pas un copier-coller. Et le génie de Marquez n’est pas transférable.
En MotoGP, la moto est la même, mais le langage entre le pilote et la machine est unique. Copier les chiffres, c’est facile. Copier la confiance, l’instinct, la tolérance au chaos ? Impossible.
Et c’est précisément pour cela que certains gagnent avec la moto de tout le monde, pendant que d’autres luttent… avec exactement la même.
La prochaine fois qu’on demandera « pourquoi Pecco ne copie pas Marc ? », la réponse est simple : parce que le talent ne se télécharge pas.
































