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Fabio Quartararo

Il y a des images qui marquent une présaison. Et puis il y a celles qui ressemblent à un avertissement. Samedi à Buriram, les caméras officielles ont capté Fabio Quartararo en train d’adresser un doigt d’honneur à sa Yamaha V4 en pleine piste. Quelques minutes plus tard, le Français apparaissait dans son box, visage fermé, regard perdu. Le symbole est brutal. Et il en dit long.

En 2024, Yamaha Motor Company avait annoncé l’abandon de son historique quatre cylindres en ligne pour adopter un V4, suivant la tendance dominante du plateau MotoGP. Objectif affiché : revenir au sommet. Objectif officieux : convaincre Quartararo de rester.

Le projet V4 était perçu comme le signal fort attendu par le champion du monde 2021, lassé de porter seul le développement d’une moto devenue techniquement dépassée. Mais pour l’instant, la révolution ressemble davantage à une implosion.

La présaison 2026 a démarré sous de mauvais auspices. À Sepang, Yamaha a perdu une journée complète d’essais à cause d’un problème moteur, choisissant de mettre tous ses pilotes au repos par précaution.

Lorsque la moto est revenue en piste, le moteur semblait bridé, tournant à régime réduit. Pas vraiment le message attendu d’un projet censé marquer un nouveau départ.

Et Quartararo ? Peu enthousiaste dès ses premiers tours de roue fin 2025. Une chute lors de la première journée officielle à Sepang lui a même valu une fracture au doigt, l’obligeant à écourter sa semaine.

Buriram : la colère à ciel ouvert de Fabio Quartararo

Revenu en piste en Thaïlande, Quartararo espérait des progrès visibles. À 15h00, heure locale, le meilleur représentant Yamaha était Jack Miller en 13e position. Pas de quoi rassurer. Puis vient l’image. Le geste. Le doigt d’honneur.

Une scène qui rappelle étrangement celle de Marc Marquez au Sachsenring en 2023, lorsqu’il avait exprimé sa frustration face à une Honda devenue imprévisible, avant de chuter à répétition ce week-end-là.

On connaît la suite : ce fut le début de la fin de son aventure avec Honda Racing Corporation. La frustration de Quartararo intervient alors que son avenir semble déjà orienté ailleurs. Le Français est fortement pressenti pour rejoindre Honda en 2027, au moment où les 850 cc entreront en vigueur.

Ironie cruelle : samedi à Buriram, Honda pointait troisième avec Luca Marini. Le contraste est saisissant.

Un doigt d’honneur peut être un geste d’humeur passager. Mais dans un paddock où chaque image est analysée, il peut aussi devenir un signal politique.

Quartararo n’est pas un pilote excessif. S’il laisse paraître sa frustration publiquement, c’est que le malaise est profond. Le V4 devait être la renaissance. Pour l’instant, il ressemble à une crise ouverte.

Et si l’histoire se répétait ? Après Marquez et Honda, Quartararo et Yamaha seraient-ils en train d’écrire le même épilogue ?

Fabio Quartararo

 

 

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