Le marché des pilotes MotoGP 2027 n’a pas encore officiellement ouvert ses portes… et pourtant, il est déjà en train de bouleverser l’équilibre du paddock. Au cœur du tumulte : Fabio Quartararo, longtemps pressenti pour rejoindre Ducati, et Pedro Acosta, finalement choisi par Borgo Panigale. Mais contrairement à ce que beaucoup imaginaient, Ducati n’a pas préféré Acosta à Quartararo. La réalité semble plus tranchante : Ducati avait déjà cessé de croire en l’option Quartararo.
Selon le journaliste Oriol Puigdemont, l’usine italienne n’était plus “pleinement intéressée” par Quartararo depuis un certain temps. Une déclaration qui surprend tant le Français a brillé malgré les limites évidentes de sa Yamaha.
Champion du monde 2021, auteur de cinq pole positions la saison passée sur une machine en déficit de puissance, Quartararo cochait pourtant toutes les cases sportives. Son contrat expirait fin 2026, et la perspective d’un départ de Bagnaia semblait ouvrir une voie royale.
Mais chez Ducati, l’enthousiasme s’était érodé. Silencieusement. Progressivement. Définitivement.
Officiellement, rien ne filtre. Officieusement, certains s’interrogent. Ducati ne recrute pas seulement un chrono ; Ducati recrute une dynamique.
L’agacement répété de Quartararo face aux difficultés de Yamaha, ses prises de position publiques sur le manque de progrès technique, ont alimenté une image plus complexe. Chez Borgo Panigale, l’environnement est ultra-compétitif, structuré, hiérarchisé. L’adhésion totale au projet est une exigence implicite.

Entre Quartararo et Acosta, Ducati a fait son choix. Non pas par défaut. Par conviction
Ducati n’a pas douté du talent de Quartararo. Ils ont peut-être douté de l’adéquation parfaite entre l’homme et leur écosystème.
Pendant que la piste Quartararo se refroidissait, celle menant à Acosta s’enflammait. Puigdemont est catégorique : Ducati était “fou” d’Acosta. Le jeune Espagnol incarne l’ère post-2027, la transition vers les 850 cc, la projection à long terme. Là où Quartararo représente une valeur sûre, Acosta symbolise une promesse encore en expansion.
Et il y a un détail révélateur : Acosta aurait accepté des concessions financières pour rouler en rouge. Un signal fort dans un sport où les contrats se négocient au centime près. Ducati apprécie les pilotes prêts à miser sur la machine avant le salaire. Ce n’est plus une simple signature. C’est une déclaration d’intention.
Plus significatif encore : l’accord avec Acosta aurait été conclu avant la finalisation de la prolongation de Marc Marquez.
Autrement dit, Ducati voulait sécuriser son futur avant de stabiliser son présent. Une manœuvre stratégique qui révèle une hiérarchie claire : l’usine ne subit pas le marché, elle l’oriente.
Avec Marquez confirmé et Acosta en approche, Ducati pourrait aligner deux références absolues. Une démonstration de puissance autant qu’un pari calculé.
Pour Quartararo, la trajectoire semble désormais pointer vers Honda. Un choix audacieux, presque radical. Là où Ducati offrait la garantie de la compétitivité immédiate, Honda représente un chantier colossal.
Mais peut-être aussi une opportunité : redevenir le centre d’un projet, façonner une moto à son image, écrire une nouvelle histoire plutôt que s’insérer dans une machine déjà huilée. Ducati, elle, a fait son choix. Non pas par défaut. Par conviction.
Et dans ce paddock où chaque décision redessine l’avenir, le message est limpide : à Borgo Panigale, on ne recrute plus pour sécuriser le présent. On recrute pour dominer le futur.

































