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Ducati

La première manche de la saison MotoGP en Thaïlande a laissé un goût amer aux tifosis. Voir Ducati dominée par Aprilia et battue sur la piste de Buriram a alimenté de nombreuses inquiétudes dans le paddock. Pourtant, pour Francesco Guidotti, l’analyse mérite beaucoup plus de nuance. L’ancien directeur d’équipe de Pramac Racing et de KTM, aujourd’hui commentateur, estime que la situation est loin d’être alarmante malgré la déception suscitée par ce premier Grand Prix.

Interrogé par le magazine Speedweek, Guidotti a tenu à replacer les résultats dans leur contexte. Selon lui, la perception d’un échec provient surtout de l’incroyable domination de Ducati ces dernières années sous l’impulsion du directeur technique Luigi Dall’Igna. « Bien sûr, le GP de Thaïlande apparaît comme un véritable désastre pour Ducati, mais seulement par rapport au passé. En réalité, un résultat comme celui de la Thaïlande est tout à fait normal et, à mon avis, ce n’est pas une tragédie pour Ducati », affirme-t-il avec calme.

Il est vrai que le week-end de Buriram a réservé plusieurs surprises. En vitesse pure, l’Aprilia s’est montrée redoutable, et Marco Bezzecchi a fini par s’imposer dimanche avec autorité. Sa performance a donné l’impression que la RS-GP possédait un avantage clair sur les machines de Borgo Panigale.

Pourtant, Guidotti refuse de parler de renversement de hiérarchie. Selon lui, la performance du pilote italien a aussi joué un rôle déterminant : « Aprilia a fait un excellent travail ; ils ont réduit l’écart. Mais Bezzecchi a aussi fait la différence à Buriram car il est l’un des rares pilotes à apprécier la carcasse spéciale des pneus Michelin, habituellement utilisée uniquement à Mandalika et sur le Red Bull Ring. »

Le week-end thaïlandais a également été marqué par plusieurs épisodes controversés. Lors de la course sprint, Marc Marquez avait franchi la ligne en tête avant d’être sanctionné par la direction de course pour un dépassement jugé irrégulier sur Pedro Acosta, offrant ainsi au pilote KTM sa première victoire dans la catégorie reine. Le lendemain, alors que la course principale semblait promettre un nouveau résultat solide pour Ducati, Marquez a été contraint à l’abandon à cause d’une déformation de jante et d’une crevaison alors qu’il se battait aux avant-postes.

Pour Guidotti, ces circonstances expliquent en grande partie l’impression d’échec. « Marc était de retour aux avant-postes après une longue pause. Dans des conditions normales, il aurait été deux fois sur le podium en ce début de saison ; on ne peut pas espérer mieux », souligne-t-il. Autrement dit, la hiérarchie réelle serait beaucoup plus serrée que ne le laissent penser les résultats bruts.

Guidotti

Francesco Guidotti : « Pecco Bagnaia est la seule inconnue pour moi au sein de l’équipe Ducati »

L’ancien manager n’oublie pas non plus les performances des pilotes de VR46 Racing Team. Selon lui, Fabio Di Giannantonio et Franco Morbidelli ont montré un niveau de performance encourageant malgré un week-end compliqué. « Les pilotes VR46 étaient également au niveau en termes de vitesse. Simplement, les résultats ne l’ont pas reflété. Diggia a lui aussi connu un petit problème technique qui l’a ralenti, et Morbidelli, parti 19e après un très mauvais départ, a réalisé l’une de ses meilleures courses ; leurs performances étaient toutes deux compétitives. »

Guidotti a également évoqué deux cas particuliers chez Ducati. Le premier concerne Alex Marquez, dont la situation a profondément changé depuis la saison précédente. « Je pense que le cas d’Alex n’est pas si simple. Il a débuté dans des circonstances complètement différentes de celles de 2025. À l’époque, personne ne le surveillait et il avait la liberté de courir ; son attitude était toujours positive. Cela a changé. Désormais, il y a des attentes liées au soutien de l’usine ; en Thaïlande, cela s’est soldé par une sortie de piste. » Autrement dit, la pression accrue pourrait expliquer certaines erreurs.

Quant à Francesco Bagnaia, son cas intrigue davantage Guidotti. « Pecco est la seule inconnue pour moi au sein de l’équipe Ducati. Il a montré cet hiver qu’il avait le rythme des autres pilotes Ducati, mais il n’a pas réussi à le concrétiser en course, sans raison apparente. Globalement, il a fait du bon travail. »

Malgré ces interrogations, Guidotti appelle à la prudence. Un seul Grand Prix ne suffit pas pour juger la hiérarchie d’une saison entière. « On ne peut pas tirer de conclusions après un seul Grand Prix, mais l’un des principaux objectifs était que tous les pilotes Ducati soient performants ensemble, et ils s’en sont approchés. Ils ont peut-être perdu du temps dans d’autres domaines pendant l’hiver, mais je ne considère pas cela comme un problème majeur pour Ducati. »

Dans un championnat aussi long et imprévisible que le MotoGP, les dynamiques peuvent évoluer très rapidement. Et si Buriram a fait vaciller l’impression d’invincibilité de Ducati, Guidotti en est convaincu : la saison est encore longue, et la réaction de Borgo Panigale pourrait arriver bien plus vite que prévu.

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