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La saison 2026 démarre seulement mais les analyses pleuvent déjà. Et quand Francesco Guidotti parle, le paddock écoute. Ancien patron chez KTM et Pramac, aujourd’hui simple spectateur — “depuis le canapé”, comme il le dit avec un sourire — Guidotti n’a éludé aucun sujet : statut de favori de Marc Marquez, adaptation de Toprak Razgatlıoğlu, marché des transferts, et possible rédemption de Francesco Bagnaia. Et même loin du muret des stands, la tension reste palpable.

Pour Guidotti, la hiérarchie est claire : « le favori reste le champion du monde ; à mon avis, il est incontestablement le grand favori. » Pas de détour : Marquez part devant. Mais pas seul. « Je citerais ensuite ses principaux rivaux : son frère Alex, Marco Bezzecchi et Pecco. »

Il ajoute même deux noms capables de bouleverser la donne : « Martin, dont j’espère qu’il réalisera une saison complète à son meilleur niveau, et Acosta sur KTM, si la moto tient le coup. » Le message est limpide : Ducati domine, mais l’écart se resserre.

Sur les constructeurs japonais, Guidotti adopte une lecture nuancée : « Honda semble être sur la bonne voie. Yamaha a un projet entièrement nouveau, donc cette période de stagnation était prévisible. » Autrement dit : Honda reconstruit méthodiquement. Yamaha paye le prix de sa révolution V4.

Concernant Razgatlioglu, Guidotti se montre plus prudent que certains observateurs enthousiastes. « Je ne le vois pas dans le top 5, surtout parce qu’il pilote une moto encore en développement. »

Francesco Guidotti : « Toprak Razgatlioglu est peut-être le seul pilote de Superbike capable de réussir cette transition grâce à un talent unique »

Il nuance toutefois : « passer des Superbikes au MotoGP, c’est un tout autre monde ; même le style de pilotage est différent. Il est peut-être le seul pilote de Superbike capable de réussir cette transition grâce à un talent unique. »

Mais la conclusion reste froide : « il sera difficile de terminer dans les cinq premiers en fin de saison. » Un pronostic réaliste, loin des emballements médiatiques.

Sur Bagnaia, Guidotti parle de 2025 comme d’une saison “véritablement atypique”. Il voit dans les essais des signes encourageants :

« Ducati a franchi une nouvelle petite étape. Améliorer une moto déjà au sommet est difficile. Ils ont peut-être trouvé ces détails qui redonnent confiance. » Et il insiste : « c’est un pilote qui mérite une place dans une équipe d’usine. » Pour lui, Bagnaia reste un candidat naturel au titre.

Interrogé sur motosan sur le tumulte des transferts et la révolution 2027, Guidotti coupe court : « je m’intéresse à la première course. Je suis encore en 2026. »

S’il était encore en activité, le mercato l’absorberait. Aujourd’hui : « je veux regarder les courses. »

Une position presque romantique dans un paddock obsédé par l’avenir.

Guidotti avoue que l’adrénaline lui manque : « prendre cette décision qui peut changer le cours du match… » Et la nuit avant une course ? « On a dormi par hasard ; d’habitude, non. » Le canapé a peut-être remplacé le muret. Mais l’estomac, lui, n’a pas changé.

Marc Marquez favori. Bagnaia en quête de rédemption. Bezzecchi et Alex Marquez en embuscade. Toprak face à la réalité MotoGP. Honda qui revient. Yamaha en reconstruction. Guidotti observe à distance. Mais son analyse est claire : 2026 sera moins écrite d’avance qu’on ne le croit. Et même depuis un canapé, la pression se ressent.

KTM Jack Miller

 

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