Toutes les compétitions sportives sont à l’arrêt depuis que la pandémie du  coronavirus a été déclarée. Un vrai défi pour les sports mécaniques qui demandent un lourd investissement pour sa pratique. Pas de courses, pas de rentrée d’argent, c’est aussi simple que ça et c’est très compliqué pour les teams qui sont déjà à flux tendu en temps normal. En Moto2 et en Moto3, la tension est palpable. Exemple avec le patron de l’écurie Forward MV Agusta, Giovanni Cuzari…

Nous vivons des temps difficiles imposés par un coronavirus qui nous confine chez nous. Ce qui veut dire, aussi, une activité qui s’éteint. Le Covid-19, peut ainsi aussi faire le vide économique et le paddock des Grands Prix pourrait hélas être l’élément précurseur de ce qui nous attendrait à plus grande échelle… Un de ses acteurs, dans une situation d’équilibre précaire, fait un bilan d’étape, et montre à quel point chaque jour qui passe dans cette crise sans précédent nous fait entrer dans un monde inconnu.

« Les équipes Moto2 et Moto3 sont plus en difficulté mais elles sont aussi fondamentales pour le MotoGP. Nous devons survivre, certains sponsors peinent à honorer leurs engagements. » C’est ainsi que Giovanni Cuzari dépeint la conjoncture en cours. « Pour recommencer les Grands Prix, j’accepterais toutes les conditions. » Voilà qui en dit long sur l’urgence. Mais hélas, avec la maintenant quasi-certitude que la saison reprendra pour les Moto2 et Moto3 en juin du côté de Barcelone, qui lancera en revanche le MotoGP, absent au Qatar, il va falloir tenir.

« Je crains que la première réduction que les entreprises opèrent concerne les investissements non fondamentaux, tels que les parrainages », continue Cuzari. « En tant que propriétaire d’une petite entreprise, cette pensée nous prive de sommeil. Nous sommes confrontés à un événement extraordinaire et j’accepterais toute condition, toute solution, pour maintenir mon entreprise, mon équipe en vie. Même si vous deviez courir sur d’autres circuits, Portimao me vient à l’esprit, ça irait. Je suis prêt à faire des sacrifices, la priorité est de garantir les salaires de tous les gars de mon équipe. »

 

 

 

« La seule chose est de trouver un système pour survivre en attendant de savoir quand nous reprendrons, où nous irons et combien de courses nous ferons. C’est un problème sans précédent pour tout le monde et il faudrait la boule de cristal pour trouver une solution dès maintenant. » Il explique ainsi son système de fonctionnement : « il y a généralement un acompte à la signature du contrat puis un plan de paiement mensuel ou bimensuel, selon les accords, au cours de l’année. J’espère que rien ne se passera, mais je m’attends aussi à ce que certaines entreprises aient du mal à honorer leurs engagements s’il n’y a pas de clarté pour l’avenir. Nous ne savons pas combien de temps nous resterons immobiles, nous parlons d’une pandémie impliquant plusieurs États qui pourraient prolonger leurs mesures de précaution. »

Cependant, le même Cuzari se réjouit d’être dans un ensemble Dorna qui ne laisse pas ses équipes seules face à la difficulté : « nous avons la chance d’avoir Carmelo Ezpeleta, une personne qui se soucie de ce sport et qui a déjà montré qu’il pouvait faire face aux difficultés. Je ne le dis pas par flatterie, cela me donne de l’espoir. » Et il termine sur GPOne : « j’ai confiance dans le travail de Dorna et de l’IRTA, je suis sûr qu’ils ont des jokers à jouer même si, en ce moment, leurs problèmes sont bien plus importants que les miens. »



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