L’arrivée de Harley-Davidson dans l’univers du MotoGP n’est plus une simple rumeur ni un coup marketing exotique. En 2026, la Harley-Davidson Bagger World Cup intégrera officiellement le programme de six Grands Prix, et dans le paddock, certains y voient déjà bien plus qu’un spectacle annexe. Parmi eux, Uccio Salucci, directeur de l’équipe VR46 Racing Team, ne cache ni son intérêt ni son enthousiasme.
Salucci a assisté à la présentation officielle du projet par Dorna et Harley-Davidson. Une annonce forte : dès 2026, les impressionnantes baggers américaines s’affronteront à Austin, Mugello, Assen, Silverstone, Aragon, avant une grande finale au Red Bull Ring. Un calendrier symbolique, mêlant temples historiques du MotoGP et bastions culturels de la moto.
Pour Uccio Salucci, le message sur Speedweek est clair et assumé : « c’est une excellente chose. Il est important que des marques comme Harley-Davidson soient présentes dans le paddock MotoGP ; cela contribue à l’expansion du championnat. »
Loin de voir ces machines massives comme une curiosité folklorique, l’Italien y décèle un levier stratégique. Harley-Davidson, marque iconique de Milwaukee, attire un public différent, parfois éloigné des prototypes ultra-technologiques du MotoGP. Et c’est précisément là que réside, selon lui, la force du projet.
« C’est un type de course différent, mais j’aime ce projet. Les fans apprécieront aussi ces courses ; Harley-Davidson fait toute la différence. »
À l’EICMA de Milan, début novembre, trois équipes pionnières — Saddlemen Race Development, Joe Rascal Racing et Cecchini Racing Team — ont déjà dévoilé leurs couleurs. Toutes débuteront en MotoGP par le biais de cette nouvelle catégorie, avec un plateau attendu de six à huit équipes indépendantes, chacune alignant deux pilotes, soutenues directement par Harley-Davidson Factory Racing.
Uccio Salucci : « nous étudions la question Harley-Davidson de près, c’est peut-être une piste à explorer pour l’avenir »
Pour l’instant, les équipes MotoGP établies restent prudentes. Le coût estimé, autour de 800 000 euros par saison, freine les ardeurs. Mais chez VR46, la porte n’est clairement pas fermée.
« Nous pouvons envisager de participer à un tel projet s’il existe une stratégie à long terme et si nous savons précisément ce qui va se passer. Nous étudions la question de près. »
Une phrase lourde de sens venant d’un homme qui, aux côtés de Valentino Rossi, a toujours su flairer les évolutions majeures du paddock avant les autres.
Derrière les carénages XXL et le grondement spectaculaire des V-twins, Salucci voit plus loin que l’image : « c’est peut-être une piste à explorer pour l’avenir. »
Un avenir où le MotoGP ne se limite plus à la performance pure, mais s’ouvre à d’autres cultures moto, d’autres esthétiques, d’autres publics. Dans un championnat en quête constante de renouvellement et d’expansion mondiale, l’arrivée de Harley-Davidson pourrait bien être moins une parenthèse qu’un signal fort.
Et si, finalement, ces baggers devenaient l’un des meilleurs alliés du MotoGP pour continuer à grandir sans se renier ? Uccio Salucci, lui, semble déjà avoir fait son choix : regarder avec curiosité… et sans préjugés.

























