Alors que le MotoGP s’apprête à tourner la page d’une ère, Honda, le géant historique tombé en disgrâce, prépare silencieusement son grand retour. Et sa stratégie est d’une audace folle : s’offrir un supermarché des plus grandes stars du paddock pour la nouvelle réglementation 2027. L’objectif ? Rien de moins qu’une reconquête par la démesure.
Honda n’est plus la force écrasante qu’elle était à l’époque de Marc Marquez en rouge Repsol. Cette ère est bel et bien révolue. Depuis son dernier titre mondial en 2019, le constructeur japonais a vécu une longue traversée du désert, ne faisant jamais mieux que quatrième au classement des constructeurs, et terminant même trois saisons avec la moto la moins performante de la grille. Mais 2025 a changé la dynamique.
Après plusieurs années d’errance technique et organisationnelle, Honda semble enfin avoir trouvé une direction claire. Les progrès visibles sur la RC213V ont permis au constructeur japonais de sortir du fond du classement des concessions et de remonter en groupe C, une première depuis l’introduction du système en 2023.
Ce changement n’est pas qu’administratif : il symbolise un retour progressif à la crédibilité sportive, à un moment clé… juste avant la grande révolution réglementaire de 2027.
Invité du podcast Motorsport Republica, le journaliste MotoGP Jack Appleyard n’a pas mâché ses mots sur le potentiel du géant japonais à moyen terme :
« Pour moi, Honda serait mon choix pour 2027. Vous avez vu les progrès qu’ils ont réalisés ces deux dernières années, et surtout cette saison. C’est un pas énorme en avant. »
Selon lui, Honda avance enfin dans une seule direction, ce qui n’était plus le cas depuis longtemps : « on a l’impression qu’ils n’avancent que dans une seule direction. Et ils ont les moyens financiers de le faire. » Et c’est précisément là que Honda fait la différence.

Trois pilotes dans le viseur Honda pour 2027
Sportivement, Appleyard reste lucide : Honda n’est pas encore prête à jouer le titre. Mais cela ne l’empêche pas de préparer l’avenir de manière agressive.
« Pour le moment, je ne pense pas qu’ils puissent gagner un championnat. Mais je sais pertinemment qu’ils sont impatients de débaucher un pilote de très haut niveau. »
Puis vient la phrase qui enflamme le paddock : « je serais très surpris si Fabio Quartararo, Pedro Acosta ou Jorge Martín ne pilotaient pas pour Honda en 2027. »
Le message est limpide : Honda ne cherche pas un pari, mais un pilote capable de porter un projet de titre dès la nouvelle réglementation.
« Leur principal objectif est clair : recruter un pilote de classe mondiale, digne d’un championnat. »
Impossible d’évoquer Honda sans parler d’un possible retour de Marc Marquez. Après 11 saisons, 59 victoires, 64 poles, 101 podiums et six titres MotoGP avec l’équipe d’usine, un retour HRC aurait une valeur presque symbolique : boucler la boucle.
Selon plusieurs sources, Marquez n’exclut pas cette option. Mais une condition est non négociable : la compétitivité de la moto. Marquez ne reviendra pas par nostalgie. Il ne s’intéresse qu’à une chose : gagner.
S’il estime que Honda est capable de lui offrir une machine championne du monde en 2027, alors un retour deviendrait non seulement possible… mais logique.
Un dernier élément joue en faveur de Honda : l’argent. Le manager emblématique Carlo Pernat l’a récemment rappelé sans détour : dans ce domaine, Ducati ne peut tout simplement pas rivaliser avec les géants japonais.
À l’aube de 2027, quand tout sera à reconstruire – moteurs, châssis, philosophies techniques – les ressources financières et humaines feront la différence. Et sur ce terrain-là, Honda reste intouchable.
Honda avance sans bruit, mais avec méthode. Les progrès techniques sont réels, la stratégie est claire, et les cibles sont ambitieuses. 2027 pourrait marquer le véritable retour du plus grand constructeur de l’histoire du MotoGP. Avec ou sans Marquez… mais certainement avec une superstar au guidon.
































