La bombe est lâchée avant même l’extinction des feux : Neil Hodgson estime que Fabio Quartararo sera la plus grande déception du plateau MotoGP cette saison. Pas un rookie. Pas un pilote en difficulté. Le champion du monde 2021.
Neil Hodgson n’y va pas par quatre chemins. Dans le dernier épisode de Gas It Out, l’ancien champion du monde Superbike 2003 et commentateur régulier désigne sans hésiter Fabio Quartararo comme le pilote qui risque le plus de décevoir cette saison 2026.
Le contexte est explosif. Quartararo, fidèle à Yamaha Motor Company depuis ses débuts en 2019, a accepté de rejoindre Honda pour 2027 avant même d’avoir réellement exploité la nouvelle M1 V4 version 2026. Une décision stratégique… mais psychologiquement lourde.
Selon Hodgson, le problème n’est pas tant le talent – indiscutable – que la dynamique mentale : « il va tourner le dos au projet V4. L’année sera longue. Il y a 44 courses. Il va décevoir. »
Autrement dit : comment rester totalement investi dans un projet que l’on s’apprête à quitter ?
L’ancien champion Sylvain Guintoli partage cette analyse. Si la moto ne performe pas immédiatement – et Yamaha reconnaît déjà qu’elle aura besoin de temps – la tentation pourrait être grande pour Quartararo de ne pas “aller au-delà”, comme il l’a fait ces dernières saisons pour sauver les meubles.
Car rappelons-le : en 2025, le Français a porté la M1 à la neuvième place du général, signé cinq poles positions – seul Marc Marquez a fait mieux – et battu à lui seul les trois autres Yamaha.
Mais la frustration est palpable. À Buriram, les caméras l’ont capté faisant un geste d’humeur envers sa machine. Symbole d’un malaise profond.

“Pourquoi payer des millions à quelqu’un qui part ?”, Fabio Quartararo est un sujet sensible dans le paddock
La polémique prend une autre dimension lorsqu’un directeur d’équipe anonyme, cité par El Periodico, lâche une phrase lourde de sous-entendus :
« Il n’est ni sensé ni logique de payer des millions à un pilote qui courra pour une autre marque l’année suivante. » Le sous-texte est brutal : l’engagement contractuel n’est plus synonyme d’engagement total.
Et Quartararo n’est pas un cas isolé. Des mouvements précoces sont évoqués pour Pedro Acosta, Jorge Martin ou encore Alex Marquez. Le marché 2027 a commencé… avant même que 2026 ne démarre.
Certains suggèrent l’instauration d’une “période officielle” de transferts, à l’image du football. Mais dans un paddock où les accords se nouent en coulisses des mois à l’avance, difficile d’imaginer une telle régulation fonctionner réellement. Les discussions existeraient simplement de manière informelle.
La question est simple : Quartararo va-t-il réellement lâcher l’affaire ? Ou va-t-il, au contraire, vouloir prouver que Yamaha ne méritait pas de le perdre ?
Car si la M1 V4 progresse en cours de saison, et si le Français se retrouve régulièrement en première ligne, le récit pourrait basculer : au lieu d’une déception annoncée, ce serait un baroud d’honneur spectaculaire.
Hodgson prend un pari risqué. Mais si Quartararo débute la saison dans la douleur, la prophétie pourrait rapidement lui donner raison.
Une chose est sûre : cette saison ne sera pas neutre. Elle sera émotionnelle.






















