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Neil Hodgson, champion du monde Superbike 2003 et commentateur expérimenté, n’a pas tourné autour du pot : il voit Toprak Razgatlioglu se diriger droit vers une saison extrêmement difficile sur le plan mental, et pas seulement sportif. Le message est sans filtre. Selon Hodgson, Toprak Razgatlioglu s’apprête à vivre une année psychologiquement très dure chez Pramac Racing en 2026.

La transition est radicale : quitter un guidon de pointe en Superbike chez BMW pour rejoindre une Yamaha MotoGP qui sort d’une saison catastrophique, dernière du championnat constructeurs. Le choc risque d’être violent.

Les essais d’intersaison ont confirmé les craintes : la nouvelle M1 V4 manque encore de puissance et de fiabilité. Pour l’instant, le retard semble même plus important que l’an dernier.

Razgatlioglu lui-même a reconnu que l’adaptation est plus complexe que prévu. Pramac lui a demandé de freiner plus tôt pour optimiser les sorties de virage, une consigne presque contre-nature pour un pilote dont la marque de fabrique est justement le freinage tardif et agressif.

En concertation avec ses ingénieurs, il est même revenu à une configuration aérodynamique plus ancienne, utilisée lors des essais de Valence. Ce n’est pas le signe d’un projet totalement maîtrisé.

Dans le podcast Gas it Out, Hodgson n’a pas mâché ses mots : « qui va-t-il battre, alors qu’il concède déjà 0,7 seconde parce qu’il est sur une Yamaha ? »

L’ancien champion du monde Superbike 2003 sait de quoi il parle : lui aussi a quitté le Superbike pour le MotoGP, avec un résultat douloureux — 17e du championnat, seulement trois top 10, puis départ rapide de la catégorie.

Toprak Razgatlioglu

Neil Hodgson craint que Toprak Razgatlioglu ne commence à « détester » le MotoGP

Selon lui, Razgatlioglu devra s’habituer à une réalité cruelle : il pourrait passer de star incontestée du Superbike à pilote anonyme du milieu de peloton. « Il va devoir se battre jusqu’à ses limites pour la 15e place. »

Le plus grand danger n’est pas technique, mais psychologique. Toprak était le héros, le showman, l’attraction du paddock Superbike. Chaque week-end, il jouait la victoire. Chaque course nourrissait son aura.

En MotoGP, la dynamique change. 22 manches. Une exposition médiatique dix fois plus intense.

Mais potentiellement sans résultats.

« Quand on ne reçoit plus de félicitations, quand on n’est plus le héros, c’est dur. Ça vous mine. » Hodgson le sait : la spirale peut devenir toxique si les résultats tardent.

Malgré son ton sévère, Hodgson insiste sur un point : le talent de Razgatlioglu est “phénoménal”. Son contrôle de la moto, sa sensibilité au freinage, sa capacité à improviser sont rares. Mais 2026 pourrait être une année de survie.

Si Yamaha ne progresse pas rapidement, le Turc devra accepter de souffrir en silence, travailler, patienter, un exercice totalement différent de ce qu’il a connu chez BMW.

Toprak a-t-il fait le bon choix en quittant un statut de roi pour une place d’apprenti ? Le MotoGP récompense les patients. Mais il broie les impatients.

2026 ne dira pas s’il est talentueux — cela ne fait aucun doute. Elle dira s’il est capable d’endurer une année dans l’ombre. Et parfois, c’est le défi le plus difficile.

Toprak Razgatlioglu

 

 

 

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