Marc Marquez n’est plus seul au sommet. Et il vient de le reconnaître lui-même, au terme d’un Grand Prix des États-Unis aussi chaotique qu’électrique, où chaque dépassement ressemblait à une déclaration de guerre. Car à Austin, une évidence s’est imposée : battre Marquez n’est plus un exploit… c’est devenu un objectif collectif.
Revenu de l’enfer après sa pénalité — consécutive à son accrochage lors du Sprint du samedi avec Fabio Di Giannantonio — le champion du monde en titre s’est retrouvé plongé dans le trafic, contraint de se battre tour après tour.
Et c’est là que le spectacle a basculé. Face à lui, Enea Bastianini n’a rien lâché. Mieux : il a haussé le ton, multipliant les attaques dans un duel intense, prolongé, presque brutal, qui s’est joué à 0,143 seconde sur la ligne.
Marquez lui-même en est resté marqué : « on dirait que quand je me bats avec un autre pilote, il intensifie son effort ! »
Et il insiste, presque admiratif : « Enea Bastianini était incroyable. Il roulait super bien. J’essayais juste de faire de mon mieux. »
Dans le dernier tour, la tension était maximale : « dans le dernier tour, j’ai beaucoup attaqué. Il était proche, et j’ai entendu sa moto dans le dernier secteur. »
Mais derrière ce duel spectaculaire, une autre réalité s’impose. La course de Marquez s’est en réalité jouée dès les premiers tours, lorsqu’il a dû purger un long lap penalty après son accrochage avec Fabio Di Giannantonio.

Marc Marquez n’écrase plus, il résiste
Une erreur qu’il assume sans détour sur TNT Sports : « ce sont les courses sprint. Parfois, on commet une erreur et on le paie le dimanche. Nous avons fait une erreur, nous le payons. »
Plongé dans le peloton, il a dû abandonner toute stratégie de victoire pour se contenter de survivre… puis de remonter. Et dans ce chaos, même un Marquez doit s’adapter.
Lucide, l’Espagnol ne se cache pas derrière la frustration. Il pointe même une réalité que peu osent admettre :
« Le fait que les pénalités soient toujours infligées dans le premier tour est normal, car la pénalité est plus sévère ainsi. On se retrouve au milieu du peloton. C’est bon pour le spectacle, mais pas pour son équipe. » Et Marc Marquez se considère désormais la cible principale.
Là où, l’an dernier, il pouvait s’échapper et contrôler, il se retrouve aujourd’hui embarqué dans des batailles permanentes. Chaque adversaire veut sa peau. Chaque duel devient personnel.
Même avec une remontée jusqu’au top 5, la sensation est claire : Marquez ne domine plus… il subit.
Le plus fascinant dans cette histoire, ce n’est pas la pénalité. Ce n’est même pas le résultat. C’est ce constat brut, presque dérangeant : Marc Marquez est devenu la référence que tout le monde veut battre — et face à lui, plus personne ne recule.
Le Grand Prix des Amériques 2026 restera comme celui où l’aura d’invincibilité de Marc Marquez au Texas a définitivement laissé place à une réalité plus brutale. Ses déclarations d’après-course révèlent un champion qui, tout en restant beau joueur, prend conscience que son statut de « référence » pousse ses adversaires à se surpasser dès qu’ils voient le numéro 93.









