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Davide Tardozzi s’est exprimé dans PecinoGP au sujet des attentes de Ducati Lenovo Team pour la saison MotoGP 2026.

Par Manuel Pecino / Motosan.es

Le Team Manager Ducati se prépare à affronter la saison 2026 à deux semaines du premier test de Sepang. À cette occasion, Francesco Bagnaia cherchera à se réinventer et à retrouver le feeling avec la moto, tandis que Marc Márquez sera également présent après sa blessure survenue lors du Grand Prix d’Indonésie 2025. Tardozzi a partagé ses attentes concernant ses deux pilotes, à l’aube d’une saison qui débutera en Thaïlande le 1er mars.

Vous avez toujours été très attentif aux membres de l’équipe et à leurs vies privées. Ne vous êtes-vous pas rendu compte que l’an dernier, après 44 courses, l’équipe était épuisée ?
Davide Tardozzi : « Bien sûr que si. Et comme vous l’avez dit, nous nous soucions des familles de nos employés et nous les soutenons lorsqu’ils rencontrent des problèmes médicaux, de santé ou autres. Mais oui, c’est vrai : la dernière course, le dernier week-end, a été très dur.
Dire que les sprints nous posent problème serait injuste, car nous sommes là pour courir. En revanche, le niveau de concentration et d’engagement requis pour les sprints représente une charge importante pour le personnel et pour les pilotes. »

Envisagez-vous de faire une rotation du personnel, ou est-ce une question de budget ?
« Non, je ne le pense pas. Dans notre cas, cela n’a jamais été une option, car la relation avec le pilote est avant tout une relation personnelle. Avoir trop de monde autour n’est pas forcément une bonne chose. »

2025 a-t-elle été votre meilleure saison ?
« Non, 2025 n’a pas été la meilleure année. Gérer la situation de Pecco a été très compliqué. La saison de Marc s’est aussi mal terminée, mais ce n’était pas de sa faute : il n’a pas pu aider comme il l’aurait voulu.
Ce que je n’accepte pas, c’est de ne pas avoir su aider Pecco personnellement. Après la discussion que nous avons eue avec Gigi, avec l’équipe, et celle que j’ai eue avec lui après les vacances… Je lui ai dit : “Pars en vacances avec ta femme, ne pense pas aux motos.”
Quand il est revenu en janvier, nous avons eu une excellente discussion et j’en suis aujourd’hui pleinement satisfait. »

Était-ce frustrant, avec toute votre expérience, de ne pas réussir à l’aider ?
« En partie, oui. Je pense aussi que je n’ai peut-être pas trouvé la bonne manière de l’aider, ni le bon moment. J’ai vu le problème grandir et j’ai essayé de lui parler, mais mon erreur a sans doute été de le faire au mauvais moment, peut-être trop tôt.
De son côté, Pecco n’a pas toujours réussi à recevoir les conseils de l’équipe, de Gigi, de Mauro et de Claudio au bon moment. Mais comme toujours, la responsabilité est partagée. Nous sommes une équipe, donc c’est toujours du 50/50. »

Pecco a beaucoup parlé avec Valentino Rossi. Il a reconnu qu’il n’acceptait pas de perdre lorsqu’il n’était pas en mesure de gagner…
« C’est exactement ça. Je crois qu’il n’était pas prêt à perdre des courses. »

Comment avez-vous eu ce ressenti ?
« En l’observant et en écoutant ce qu’il disait. Nous connaissons très bien Pecco, cela fait de nombreuses années qu’il est avec nous. Je sais comment il réagit face aux difficultés et j’ai compris que quelque chose n’allait pas. »

Peut-on dire que son principal problème était Marc Márquez ?
« Absolument pas. Ce n’était pas Marc. Le problème venait de son approche de la nouvelle moto, pas de Marc.
Beaucoup aimeraient entendre le contraire, mais croyez-moi : ce sont deux garçons très intelligents. Avant même d’être des pilotes professionnels, rapides et champions, ils sont intelligents. Ils se comprennent très bien.
Je les ai vus discuter ensemble encore aujourd’hui. Et si vous détestez votre coéquipier, vous ne lui parlez pas comme ça. »

Peut-on dire qu’il ne s’est pas adapté à la nouvelle moto ?
« Si ton cerveau ne s’adapte pas, toi non plus. Si tu n’acceptes pas que tu perds à cause de toi-même, de ton attitude ou autre, tu dois transformer cette situation. »

Avez-vous vu chez Marc quelque chose d’exceptionnel, jamais observé auparavant ?
« Évidemment. En 75 ans de course, il y a moins de pilotes comme Marc que de doigts sur une main. Même moins. »

Pouvez-vous citer d’autres noms ?
« Peut-être, pour leur intelligence et leur vitesse, Ángel Nieto… et évidemment Giacomo Agostini ! »

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Manuel Pecino

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