A la suite du forfait de Pol Espargaro blessé, Loris a eu l’excellente surprise de se voir proposer de le remplacer à l’occasion du British Grand Prix. Baz n’avait aucune expérience de la KTM MotoGP en arrivant à Silverstone, où il avait toutefois auparavant déjà remporté deux victoires en Championnat du Monde Superbike. Comment s’est déroulé le week-end humide de Loris ?

Tout d’abord, as-tu été bien accueilli par le team ?

« Oui, c’était exceptionnel. L’accueil était parfait. Je n’ai pas eu le temps d’être surpris car les évènements se sont enchaînés très vite. L’accueil a été fantastique et j’ai passé un excellent week-end. »

Depuis tes victoires à Silverstone en Superbike, et ton GP l’année dernière sur Ducati Avintia, le revêtement a été refait. En quoi la piste est-elle différente ?

« La piste n’a pas énormément changé. Ils ont refait l’asphalte qui est désormais uniforme sur tout le circuit. Il n’y a plus autant de raccords qu’avant. Par contre, ce qui est étonnant, c’est qu’il y a toujours à peu près les mêmes bosses. Mais ce n’est pas ce qui a été le plus gênant ce week-end. »

A-t-il été plus facile pour toi de t’habituer à la KTM sur le sec ou sur le mouillé ?

« On a eu deux séances et demie sur le sec avant de passer sur le mouillé, donc automatiquement tu as déjà pris tes marques et positions sur la moto. Il est un peu plus facile de trouver la limite sur le mouillé, et ça demande moins de temps d’adaptation que sur le sec, surtout avec ces machines-là qui sont très performantes. Donc sur le mouillé ça a été un peu plus simple. Dommage qu’il n’y ait pas eu la course ! »

Tu as terminé la FP1 à 4.6 du leader Vinales et à 2.7 de ton nouveau coéquipier Bradley Smith. Puis tu pointais à 2.9 à la fin des essais libres du leader Dovizioso et 1.8 de Smith. Estimes-tu avoir progressé vite ?

« Oui, car de toute façon je ne pouvais pas faire beaucoup mieux en aussi peu de temps. On a eu les FP1 et FP2 sur le sec, puis les FP3 et FP4 sur le mixte, et si en deux séances sur le sec j’avais fait les mêmes temps que Smith, il y aurait eu un souci… »

« La réadaptation aux freins carbone m’a demandé presqu’une séance, parce que c’est vraiment l’opposé en termes de pilotages des freins en acier. Il a fallu également comprendre le fonctionnement du team, mais ça a été assez rapide car ils ont tout fait pour me mettre en confiance. A pneus égaux, à la fin j’étais à 1.5 de Bradley, ce qui était bien. »

Tu es passé directement en Q1 (première séance qualificative) sans jamais avoir roulé de ta vie avec une KTM de MotoGP sur le mouillé. Tu es resté un bon moment en deuxième position, pour terminer finalement 8e (sur 14) sur piste séchante. Comment cela s’est-il passé ?

« Ce sont des conditions que j’aime bien, donc la qualif s’est bien passée, après une petite chute en FP4 quand je me suis fait piéger par l’arrivée de la pluie. Quand la piste est détrempée, elle sèche assez vite et on ne sait pas trop à quoi s’attendre en partant. Il faut une moto réglée pour le sec et l’autre pour le mouillé, avec un pneu pluie tendre à l’avant et un médium à l’arrière.

« Ce n’était pas vraiment le bon choix à ce moment-là parce que la piste avait entièrement séché sauf dans quatre virages. Il aurait fallu avoir un médium pluie à l’avant, comme Bradley. Ça aurait été un peu plus performant.

« Je suis rentré pour le mettre, mais il était trop tard et on n’avait pas le temps de changer. Donc je suis reparti avec le pneu tendre en essayant de rouler sur toutes les zones mouillées pour le refroidir au maximum parce qu’il surchauffait. »

Dimanche, tu as été un des seuls à déclarer publiquement vouloir courir, avec Jack Miller et Scott Redding (et d’autres plus discrets). Malgré l’humidité, ça te semblait jouable ?

« Honnêtement oui. Le circuit était aussi mouillé le dimanche quand on est arrivés sur la grille de départ que lors des qualifs, c’est-à-dire essentiellement dans quatre virages. Moi j’ai fait deux sighting laps (ndlr : tours de reconnaissance) comme j’en avais le droit, et après le premier je ne suis pas allé sur la grille, mais suis passé par la voie des stands pour en effectuer un deuxième afin d’être sûr.

« A aucun moment je n’ai patiné, ni fait de l’aquaplaning ou quoi que ce soit. Donc j’ai vraiment été surpris que de nombreux pilotes se plaignent !

« Il est sûr qu’après il a beaucoup plu, mais au moment où le départ était prévu –exception faite de la visibilité difficile créée par les projections d’eau – je ne pense pas que c’était vraiment dangereux.

« Mais après ce qui s’était passé la veille avec Tito, je comprends que la Direction de course ne voulait pas prendre le risque de nous envoyer à 23 dans les premiers virages sans savoir ce qui pourrait s’y passer.

« Ensuite, il s’est écoulé pas mal de temps. Il y a eu de plus en plus d’eau. Pendant un long moment, on s’est dit qu’on n’allait pas pouvoir rouler. Puis l’information a circulé qu’on allait pouvoir courir ensuite en raison des informations des radars qui annonçaient que la pluie allait cesser.

« On a fait chauffer les motos. Moi je n’avais pas enlevé mon cuir de la journée parce que j’étais sûr qu’on allait courir. Et on nous a annoncé que la course n’aurait pas lieu au moment où il y avait le moins d’eau sur la piste ! Je n’ai pas compris et j’ai trouvé ça dommage car pour moi la course aurait pu avoir lieu vers 17h à 17h15, quand la piste était vraiment praticable.

« On peut comprendre qu’après l’accident de Tito la veille ils ne prennent pas de risque, mais c’est dommage. Ce n’était pas si dramatique que ça à ce moment-là et la course aurait pu se dérouler. »

KTM et toi envisagez-vous d’autres futures collaborations ?

« Pour l’instant non. C’était vraiment un « one shot » (ndlr : occasion unique), comme prévu dès le début. KTM n’a vraiment pas eu de chance cette année avec les blessures de Pol et de Mika. Tout leur est tombé dessus en même temps. Pol pensait pouvoir rouler le week-end dernier, mais au final ça ne l’a pas fait.

« Ce n’était vraiment que pour cette course. Je les ai satisfaits et j’ai passé un excellent moment. Pour moi, ça n’a été que du positif. »

Photos © Sebas Romero pour KTM, motogp.com / Dorna, Michelin



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