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Johann Zarco

Découvrez la première partie de notre interview exclusive de Johann Zarco, réalisée lors de son roulage à Carthagène.

Mi-janvier, Johann Zarco a réuni plusieurs jeunes pilotes français et belges sur le circuit de Carthagène en Espagne, pour deux journées de roulage. Comme nous vous l’avions annoncé, l’équipe de Paddock-GP était présente afin de les suivre et de vous concocter des interviews de chacun des talents présents.

Vous retrouverez la série d’interviews de Johann Zarco sur notre site jusqu’au lancement officiel de la saison en Thaïlande fin février, tout comme les rencontres réalisées avec les pilotes présents que nous vous partagerons jusqu’en mars.

Nous vous inviterons ainsi à en apprendre plus sur Barry Baltus, Lucie Boudesseul, Evan Boxberger, David Da Costa, Hugo de Cancellis, Lorenzo Fellon, Etienne Masson, Antoine Nativi, Corentin Perolari, Bartholomé Perrin, Tom Rolin et Remy Sanjuan, ainsi que sur Xavier Siméon, Ana Carrasco et même Randy Mamola, tous présents durant ces deux jours. Diogo Moreira, de son côté, est passé en coup de vent pour tourner des plans pour LCR et n’a pas eu le temps de nous parler.

Nous commençons notre série par Johann Zarco, qui nous a accordé un très long entretien afin de revenir sur sa saison 2025, de parler de celle qui arrive et d’aborder divers sujets comme son nouveau coéquipier Diogo Moreira ou encore l’arrivée de Liberty Media.

Johann Zarco, Diogo Moreira

Bonjour Johann. Merci de nous recevoir ici dans le beau cadre de Carthagène et de nous accorder cette interview. On va d’abord revenir un peu sur 2025. En dehors des performances en Grands Prix, tu as semblé épuisé en fin de saison. On dirait qu’elle t’a fait passer par toutes les émotions, non ?

Oui, j’étais content que la saison se termine, parce qu’il y a eu une sorte d’enchaînement qui a fait que je n’ai plus réussi à m’entraîner de la bonne manière, à récupérer suffisamment. Ça s’est enchaîné et il fallait remettre de l’énergie sur la MotoGP tout le temps, et les sensations n’étaient pas très bonnes. C’était une sorte de mauvaise spirale qui me tirait vers le bas et ça n’a pas été simple, je n’ai pas réussi à en sortir. On a essayé sur les trois dernières courses, ça a été mieux. Mais oui, la deuxième partie de saison a été trop difficile. Est-ce que j’ai bouffé trop d’énergie à Suzuka ? Peut-être. Parce que j’avais également fait deux tests. Deux allers-retours au Japon en tout juste 48 heures et ensuite la course à deux pilotes. Ça, ça m’a beaucoup coûté et ça m’a peut-être fait sous-estimer la deuxième partie de saison de MotoGP. Même si tu attaques bien la première partie, ça ne veut pas dire que la deuxième sera bonne. Il faut toujours être prudent, et faire attention à être toujours très en forme.

Qu’est-ce que tu veux mettre en place cette année pour éviter ça ?

Trouver un rythme encore meilleur sur l’entraînement, la récupération, l’entraînement moto, parce que c’est beaucoup de logistique pour s’entraîner en moto. J’aimerais essayer de déplacer un peu nos ateliers de la France vers Barcelone pour avoir plus d’opportunités de roulage, mais sans que ça devienne une logistique trop importante. Surtout pour Seb [Sebastien Moreno, ndlr] qui doit se coltiner plus de 400 kilomètres. Moi, j’aimerais trouver un pied-à-terre autour de Barcelone pour également augmenter la fréquence d’entraînement moto, mais avec facilité. Pouvoir me dire « Tiens, la météo est bonne, on fait une petite demi-heure, on roule ». Ça a peut-être un peu manqué sur la fin de l’année dernière.

Johann Zarco

Tu as fini la saison sur un sentiment en demi-teinte car tu as tout de même réussi à remonter un peu sur la fin pour être assez satisfait. Là, avec le recul de l’hiver, tu as toujours le même état d’esprit, le même ressenti sur ta saison ou tu as réussi à voir plus de positif ?

Non, j’étais content. J’étais exactement dans les objectifs que je voulais, même mieux, surtout en début de saison. Ça a été l’apothéose de gagner et d’enchaîner sur un podium. Vraiment, ça ne semblait pas réel et c’était génial. Mais après, il n’y a pas eu qu’un aspect physique, la fatigue et les voyages. Il y avait aussi un aspect technique. Il y a vraiment eu un ensemble de choses qui ont fait que l’agacement est venu. Quand on s’agace, on perd du temps, on fait des erreurs. Comme je dis, il y a eu une mauvaise spirale qui n’était pas seulement physique, mais également un petit coup au moral qui est arrivé quand j’ai vu que tout se passait bien avec Honda mais que je n’étais pas prioritaire. Ensuite, même s’ils ont voulu me faire plaisir avec une moto, ça a créé plus de problèmes qu’autre chose parce que j’avais une moto « oui » et une moto « non » dans le box. Avec mon équipe on ne savait pas comment travailler parce qu’on était obligés de faire des kilomètres sur les deux motos mais ce n’étaient pas les mêmes sensations. Comment tu veux gérer un week-end quand c’est différent comme ça ?

 

« Il y a un petit coup au moral qui est arrivé quand j’ai vu que tout se passait bien avec Honda mais que je n’étais pas prioritaire. » Johann Zarco

 

C’est certain. Maintenant la saison est terminée et tu as pu te concentrer uniquement sur toi. On est désormais à plus de la moitié de la pause hivernale. Comment ton hiver s’est passé ? Est-ce que tu t’es préparé un entraînement vraiment spécifique ?

J’ai repris de l’entraînement de fond qui me fait beaucoup de bien. J’ai aussi pu couper correctement. J’ai été assez occupé de mi-novembre jusqu’à début décembre. À partir de mi-décembre j’ai pu être à la maison. Je m’entraîne physiquement pour pouvoir être à un niveau de forme suffisant pour attaquer la saison.

Il y avait cet entraînement moto prévu pour moi. Carthagène est une bonne piste. Quand je loue la piste que pour moi, je sais que je peux faire beaucoup de tours clairs. C’est important de pouvoir enchaîner les tours sans être gêné, prendre ces sensations-là. J’essaye d’en faire profiter des pilotes.

Ça m’a permis d’avoir une piqûre de rappel avec la moto, même avec le TT Christmas, un peu de flat track que je n’aurais jamais pensé faire. Finalement, le fait d’y avoir goûté, ça m’a motivé à me dire qu’il y a encore des choses à faire. J’ai envie de faire évoluer mes techniques, même si ça ne me sert pas pour le MotoGP, mais pour me mettre dans une situation difficile et apprendre à ouvrir mon cerveau pour progresser.

Johann Zarco

Le lancement de la saison 2026 approche à grands pas. Quels sont tes objectifs ?

Si je commence aussi bien que ce que j’ai fait en 2025, je serai déjà très content. Ensuite, j’aimerais maintenir ce rythme-là et me maintenir parmi les dix premiers. De ce que je vois de la moto, j’ai l’impression qu’elle peut finalement même être parmi les cinq premiers. Je me dis que si Márquez prenait la Honda, il serait dans le top 5. Pourquoi pas nous ? J’avais annoncé le top 10 en 2025 et on y était. On l’a confirmé, même si j’ai terminé 12e à la fin en ratant vraiment beaucoup de courses. Ça serait donc un grand plaisir de me rapprocher des cinq premiers et de revivre d’autres podiums en 2026.

Cette saison, ton coéquipier Diogo Moreira et toi serez les seuls du plateau à détenir déjà votre contrat pour 2027. Tous les autres auront une partie de leur saison perturbée par la gestion de leur avenir, tandis que toi tu seras tranquille. Penses-tu que ça pourra être un avantage pour toi ?

Ça pourra aider. Après, certains deviennent très, très bons quand ils sont dos au mur. Le meilleur exemple, c’est Di Giannantonio. Là-dessus, il est incroyable. Je pense que oui, c’est sûr que ça créera de la sérénité, surtout de voir à long terme, sur la préparation, les sensations. Ça permettra de ne pas trop paniquer et de vraiment voir ce qu’on fait chez Honda comme un travail à long terme plutôt que de se dire ‘si je ne performe pas sur cette course, je suis foutu’. Sur ça, Marini est un très bon exemple. On ne l’a jamais vu s’agacer. Et il a terminé sur un super niveau, il a fait une deuxième partie de saison vraiment bonne. C’est là où on se dit qu’il n’y a finalement pas besoin de trop paniquer.

Nous vous donnons rendez-vous très bientôt pour la suite de cet entretien avec Johann Zarco, et pour le lancement des interviews des jeunes pilotes présents lors de ces deux jours.

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