Après son retour chez Yamaha via Pramac en 2025, Jack Miller entame une saison charnière. Peut-être même la dernière de sa carrière en MotoGP. À 30 ans, l’Australien joue gros : son avenir au plus haut niveau, mais aussi une place centrale dans un projet technique majeur pour Yamaha.
Miller connaît bien la maison Pramac. Entre 2018 et 2020, lorsque l’équipe toscane faisait encore partie de l’orbite Ducati, il y a signé neuf podiums, un bilan suffisamment solide pour lui ouvrir les portes de l’équipe officielle Ducati en 2021.
Son retour en 2025 s’est toutefois fait dans un contexte très différent. Pramac Racing sortait d’une saison historique, devenant la première équipe indépendante championne du monde des pilotes avec Jorge Martin, tandis que Miller cherchait à relancer une carrière fragilisée par une période compliquée chez KTM.
Sur la piste, le bilan 2025 est brutal : 17e du championnat, 79 points, une saison marquée par de nombreuses chutes et une irrégularité persistante. Insuffisant sur le papier.
Mais en interne, Yamaha voit autre chose. L’expérience de Miller et la qualité de ses retours techniques ont été jugées essentielles pour le développement de la M1… et surtout pour le projet V4, qui doit entrer en scène en 2026.

Campinoti : « Jack Miller n’a pas encore montré son véritable potentiel »
Malgré les chiffres, Paolo Campinoti refuse d’enterrer son pilote. Lors du lancement de la moto Pramac à Sienne, le patron italien a livré un message à la fois affectueux et exigeant :
« Il y a Jack, pour nous, il fait partie de la famille. Il est avec nous depuis de nombreuses années. C’est un type formidable, doté d’un talent exceptionnel. Malheureusement, il n’a pas encore exploité tout son potentiel et j’espère qu’il pourra bientôt montrer ce dont il est vraiment capable. » Un constat clair : la patience existe encore, mais elle a des limites.
Pour 2026, Miller partagera le box avec Toprak Razgatlioglu, star absolue du Superbike, accueilli avec enthousiasme par Pramac. Campinoti ne cache pas son admiration :
« En Superbike, il a prouvé qu’il était de loin le meilleur pilote du plateau. Je suis certain qu’il pilotera une moto tout aussi performante. »
L’équation est simple : un rookie MotoGP ultra-médiatisé, face à un pilote expérimenté en fin de cycle. Le duel est lancé avant même le premier Grand Prix.
En coulisses, le message est encore plus clair. Chez Yamaha, on sait que 2026 pourrait être une saison de transition pour Miller, davantage tournée vers le développement que vers les résultats bruts.
Le directeur général de Yamaha Motor Racing, Paolo Pavesio, assume pleinement ce choix : « C’est extrêmement important. L’un des aspects positifs de l’année dernière a été de faire la connaissance de Jack sur un plan personnel. C’est un pilote rapide, mais aussi une personne spéciale, avec un esprit d’équipe très fort. »
Et surtout : « son expérience sur la configuration V4 sera précieuse pour le projet. J’ai rarement vu un pilote qui soit un coéquipier aussi exceptionnel. »
Chez Pramac et Yamaha, personne ne se fait d’illusions : 2026 est un tournant. Soit Jack Miller transforme son rôle de développeur en renaissance sportive, soit cette saison restera comme sa sortie par la petite porte du MotoGP.
Campinoti l’espère, Pavesio y croit, Yamaha en a besoin. Reste une question, brutale et sans détour : verra-t-on enfin le « vrai Jack Miller » en MotoGP … avant qu’il ne soit trop tard ?
































