Alors que la saison MotoGP actuelle bat son plein, certaines équipes travaillent déjà intensément sur la prochaine révolution technique du championnat. Chez KTM, le message semble clair : la moto de l’ère 850 cc prévue pour 2027 sera pensée selon une philosophie radicalement différente. Et selon Heinz Kinigadner, cette stratégie peut se résumer en une formule simple : « moins, c’est plus ».
Cette approche a émergé à la suite d’essais privés organisés cette semaine sur le circuit de Circuit de Jerez-Ángel Nieto, où plusieurs constructeurs ont profité de trois journées de roulage pour travailler à la fois sur leurs machines actuelles de 1000 cc et sur les prototypes destinés à la future réglementation.
Le MotoGP entrera en effet dans une nouvelle phase en 2027 : la cylindrée maximale passera de 1 000 cc à 850 cc, tandis que l’aérodynamique sera davantage restreinte afin d’améliorer la sécurité et de réduire les performances extrêmes atteintes ces dernières années.
Durant ces essais, Ducati a déjà mis en piste sa future moto 850 cc, confiée à Michele Pirro. Les premiers chronos donnent une idée de l’écart actuel : à Jerez, la Ducati 850 cc est près de trois secondes plus lente au tour que la machine 1000 cc pilotée par Marc Marquez en 2025.
Mais cet écart devrait naturellement se réduire à mesure que les constructeurs développeront leurs prototypes.

La stratégie KTM : réduire la puissance pour gagner du temps au tour
Du côté de KTM, l’idée n’est pas simplement d’adapter un moteur plus petit. Le constructeur autrichien veut aller plus loin en poursuivant une philosophie déjà appliquée sur la RC16 actuelle.
En 2026, l’équipe a déjà choisi de sacrifier une partie de sa vitesse de pointe afin d’améliorer l’équilibre général de la moto. Cette réduction de puissance a permis d’optimiser la maniabilité et la gestion des pneus, deux facteurs essentiels dans le MotoGP moderne.
Selon Kinigadner, cette logique sera également appliquée à la machine 2027. Les premiers tests menés par Dani Pedrosa et Pol Espargaro indiquent que le moteur 850 cc de KTM développe environ 30 chevaux de moins que l’actuel moteur 1 000 cc.
Un choix qui peut sembler paradoxal dans une catégorie où la puissance brute a longtemps été un facteur déterminant, mais qui s’inscrit dans une vision plus globale de la performance.
Cette approche minimaliste pourrait particulièrement convenir à certains pilotes de la marque. Brad Binder, connu pour son style de pilotage agressif mais fluide, devrait apprécier une moto plus équilibrée et plus facile à exploiter sur l’ensemble d’un Grand Prix.
Lors de la manche d’ouverture en Thaïlande, Binder et Pedro Acosta ont déjà montré que la RC16 pouvait être très compétitive dans certaines conditions. Acosta a remporté la course sprint à Buriram et terminé deuxième du Grand Prix, ce qui lui a permis de quitter le circuit en tête du championnat.
Dans le même temps, Binder a signé un week-end solide avec une sixième place lors du sprint et une septième position dans la course principale.
Mais l’avenir de KTM ne se limite pas à la technique. Les discussions autour de la composition de l’équipe pour 2027 agitent déjà le paddock.
Acosta serait sur le point de rejoindre Ducati, tandis que Maverick Vinales pourrait intégrer l’équipe officielle KTM après ses performances convaincantes avec Tech3.
Dans ce scénario, KTM chercherait également à recruter Alex Marquez pour former un duo avec Viñales. Une telle décision pousserait Binder à quitter l’équipe officielle, même si plusieurs sources indiquent qu’il pourrait finalement rester chez KTM en rejoignant Tech3.
Pour l’instant, les prototypes 850 cc ne représentent qu’un aperçu de ce que sera le MotoGP de demain. Les chronos actuels sont encore loin du potentiel réel des futures machines, et les constructeurs disposent de deux années complètes pour affiner leurs concepts.
Mais une chose est déjà évidente : alors que la plupart des équipes cherchent encore à maximiser la puissance, KTM semble avoir choisi une voie différente.
Une stratégie résumée sur MOW par Heinz Kinigadner en quelques mots simples… « moins de puissance, mais plus d’efficacité ».

























