La nouvelle règle de redémarrage du MotoGP, introduite récemment par la FIM, a fait couler beaucoup d’encre dans le paddock. Mais pour Jorge Martin, son influence sur le déroulement des courses sera limitée sur le sec tout en pouvant devenir déterminante dans des conditions piégeuses, notamment sur piste mouillée.
L’amendement précise que, « afin de minimiser l’exposition de nos commissaires de piste au danger », toute moto arrêtée après une chute devra désormais être poussée jusqu’à la voie de service avant de pouvoir être redémarrée.
En clair : si le moteur tourne encore, le pilote peut repartir immédiatement ; si le moteur est coupé, la perte de temps sera bien plus importante, rendant toute reprise de course beaucoup plus compliquée.
Une mesure qui s’applique à toutes les sessions : essais, qualifications, sprints et Grands Prix.
Présent jeudi dernier au lancement de l’équipe Aprilia, Martin s’est montré pragmatique. « Je pense que c’est tout à fait normal. Si la moto est en panne, ça ne sert à rien de revenir. »
Pour l’Espagnol, la règle ne bouleversera pas les courses sur le sec : « si la moto est toujours en état de marche, vous pouvez toujours obtenir des points. »
Il s’appuie sur son propre vécu pour illustrer son propos. Martin cite le Sprint de Mandalika 2024, où il avait chuté dès le premier tour avant de remonter rapidement en selle : retour en piste immédiat, remontée de la dernière place à la 10e position.
Un résultat insuffisant pour marquer des points en sprint, mais qui aurait été largement suffisant sur la distance d’un Grand Prix, où les points sont attribués jusqu’à la 15e place. Dans ce type de scénario, la nouvelle règle n’aurait rien changé.

Verdict de Jorge Martin : la sécurité avant tout
Concernant les qualifications, Martin estime que la mesure est presque neutre : « normalement, si vous chutez, vous retournez simplement aux stands avec le scooter pour récupérer l’autre moto. »
Autrement dit, les pilotes ne cherchent déjà pas à repartir avec la même machine, ce qui rend la règle largement théorique dans ce contexte.
C’est sur piste mouillée que Jorge Martin identifie un vrai impact potentiel. « Je pense que cette règle peut poser un problème lors des courses sur piste mouillée. Même si vous chutez deux fois et devez redémarrer la moto, vous pouvez parfois finir 12e. »
Dans ces conditions : les écarts sont plus faibles, les chutes plus fréquentes, et la possibilité de repartir rapidement peut faire la différence entre des points… ou rien du tout.
Cette nouvelle règle s’inscrit dans la lignée des instructions déjà durcies en fin de saison dernière, notamment l’interdiction pour les pilotes de repartir après une chute dans les trois dernières minutes des qualifications, même si le moteur tourne encore.
Objectif : réduire les drapeaux jaunes, qui annulent automatiquement les tours rapides dans les zones concernées.
Malgré les contraintes supplémentaires, le champion du monde reste positif sur crash.net : « mais en général, je pense que c’est bon pour la sécurité. »
Une conclusion sans polémique, fidèle à l’approche de Martin : adapter le règlement sans dénaturer le sport, tout en protégeant ceux qui œuvrent au bord de la piste.
































