Son verdict qui a explosé le championnat ! En Malaisie 2015, l’impensable se produit : Valentino Rossi et Marc Marquez s’accrochent. La sanction de la FIM tombe comme un couperet : 3 points de pénalité pour Rossi, synonyme de départ depuis les abysses de la grille à Valence. Son rêve d’un 10e titre mondial s’envole sur-le-champ. Aujourd’hui, Mike Webb nous dit tout ce qu’il a entendu de la part des protagonistes …
Le Grand Prix de Malaisie 2015 reste l’un des épisodes les plus explosifs de l’histoire moderne du MotoGP. En quelques virages à Sepang, l’affrontement entre Valentino Rossi et Marc Marquez a fait basculer une saison entière… et redessiné le fonctionnement disciplinaire du championnat.
La FIM a infligé trois points de pénalité à Rossi après l’accrochage avec Marquez. Une sanction lourde de conséquences : selon le règlement de l’époque, atteindre quatre points de pénalité cela signifiait un départ en fond de grille. Rossi en comptait déjà un, hérité d’un incident avec Jorge Lorenzo à Misano. Résultat : contraint de s’élancer dernier à Valence, l’Italien a vu s’envoler ses chances de titre, tandis que Lorenzo s’emparait de la couronne mondiale.
Pour le “Docteur”, l’injustice était totale. Il accusait Marquez de pilotage dangereux, affirmant que l’Espagnol avait déjà joué contre lui à Phillip Island pour favoriser Lorenzo dans la course au championnat. Marquez, lui, a toujours nié toute manœuvre stratégique.
Dans le documentaire officiel consacré à l’incident, l’ancien directeur de course de la FIM, Mike Webb, a détaillé les coulisses. Les deux pilotes ont été convoqués ensemble pour confronter leurs versions.

Mike Webb admet que Marquez a pu provoquer Rossi en piste, mais estime que cela ne justifiait pas la réaction du pilote Yamaha
« Nous les avons convoqués tous les deux ensembles, essentiellement pour entendre les deux versions », se souvient Webb. Rossi soutenait : « il n’y avait rien de délibéré, je roulais vers l’extérieur, Marquez se trouvait justement à l’extérieur, malheureusement il y a eu contact. » De son côté, Marquez affirmait : « je ne pouvais pas courir au rythme que je voulais, il m’était impossible de prendre de l’avance. »
Webb admet que Marquez a pu provoquer Rossi en piste, mais estime que cela ne justifiait pas la réaction du pilote Yamaha. Honda a évoqué un coup de pied sur la moto n°93 ; aucune preuve formelle d’un geste intentionnel n’a pu être établie. Rossi a néanmoins été sanctionné pour avoir volontairement forcé un autre pilote hors trajectoire. Son recours devant le Tribunal arbitral du sport n’y changera rien.
Au-delà du titre perdu, l’affaire Sepang a profondément transformé le MotoGP. Face à la polémique mondiale, la FIM a revu son organisation dès 2016 en créant un panel de commissaires distinct du directeur de course. « Nous sommes rapidement passés à une situation où le panel des commissaires de la FIM n’examinait que les incidents, tandis que la direction de course continuait à gérer la course », explique Webb, évoquant davantage de technologie, de personnel et une séparation claire des responsabilités.
Pour Marquez, l’accusation d’aider Lorenzo fut un choc, d’autant que leurs relations n’étaient pas particulièrement chaleureuses. Lorenzo, lui, n’a jamais caché son analyse : selon lui, Rossi n’était tout simplement pas assez rapide sur la fin de saison pour mériter le titre 2015.
Plus de dix ans après, Sepang 2015 continue de diviser. Certains y voient une erreur fatale de Rossi, d’autres une rivalité poussée à l’extrême dans une guerre psychologique sans précédent. Une chose est sûre : ce duel a marqué la fin d’une ère et a laissé une cicatrice indélébile dans l’histoire du championnat MotoGP.
































