pub
Quartararo

Le marché 2027 n’a même pas attendu que 2026 démarre vraiment pour s’enflammer… et Ramon Forcada vient d’y jeter un seau d’eau froide. Dans un entretien accordé à Mundo Deportivo, l’ingénieur catalan, l’une des voix les plus respectées du paddock, a livré une analyse lucide, presque brutale, des mouvements en cours. Son message est limpide : tout ce qui paraît évident aujourd’hui pourrait se retourner contre certains dès le milieu de saison.

Pour Forcada, rien d’irrationnel dans cette agitation. « Ce sont des mouvements logiques au vu de la situation des équipes », explique-t-il. Derrière l’apparente frénésie, il voit surtout une restructuration naturelle des forces en présence. Beaucoup de transferts étaient dans l’air depuis des mois ; seule la destination finale restait floue.

Le cas le plus explosif reste celui de Pedro Acosta. Forcada ne feint pas la surprise : « le transfert de Pedro Acosta chez Ducati était attendu. » Mais il pointe immédiatement le revers de la médaille. Signer aussi tôt, c’est se condamner à une saison de transition. « Pedro va passer un an à essayer de survivre du mieux qu’il peut », lâche-t-il, d’autant plus que le pilote n’a même pas pu tester la nouvelle KTM. Une année suspendue, où l’on roule sans vraiment construire l’avenir.

L’ingénieur va plus loin et dessine déjà des scénarios audacieux. « Pecco Bagnaia finira sans aucun doute chez Yamaha et Maverick Viñales dans l’équipe officielle KTM », avance-t-il sans trembler. Et il ouvre encore le jeu : « si Toprak Razgatlioglu s’adapte bien chez Yamaha, je n’exclus pas sa promotion dans l’équipe d’usine et un passage de Pecco chez Aprilia. » Autrement dit : personne n’est vraiment à l’abri, et les combinaisons restent multiples.

MotoGP

Ramon Forcada : « il y a deux types d’équipes : celles qui ont la moto et celles qui ont l’argent »

Dans sa lecture du paddock, tout se résume à un équilibre fragile entre performance et budget. « Il y a deux types d’équipes : celles qui ont la moto et celles qui ont l’argent. » Une phrase qui résume à elle seule la tension actuelle. Certains pilotes choisissent la compétitivité immédiate, d’autres sécurisent leur avenir financier. Rarement les deux à la fois.

Les constructeurs japonais sont au cœur de cette équation. Forcada estime qu’ils n’ont plus d’alternative : « actuellement, les Japonais n’ont pas d’autre choix » que d’investir massivement en vue du grand basculement réglementaire de 2027. Ce nouveau cycle technique pourrait rebattre les cartes… mais encore faut-il tenir jusque-là.

Et c’est là que son avertissement prend toute sa force : « ceux qui prennent des décisions maintenant pourraient le regretter en milieu de saison, car la moto qui ne performe pas aujourd’hui commencera à être performante. » En MotoGP, quelques dixièmes gagnés en soufflerie ou sur l’électronique peuvent changer une hiérarchie en trois mois. Signer trop tôt, c’est parfois parier contre l’évolution.

Le paddock bruisse de rumeurs, les contrats s’écrivent à une vitesse folle, mais Forcada rappelle une vérité simple : dans un championnat où la technique progresse à la vitesse d’un tour qualif, rien n’est figé. Et certains pourraient bien découvrir, trop tard, qu’ils ont quitté la bonne moto au mauvais moment.

MotoGP Indonésie

 

 

 

Tous les articles sur les Pilotes : Pedro Acosta

Tous les articles sur les Teams : Ducati Team