Dans le paddock MotoGP, les comparaisons sont souvent rapides. Trop rapides, peut-être. Depuis l’arrivée de Pedro Acosta dans la catégorie reine, beaucoup voient en lui un héritier naturel de Marc Marquez. Même audace, même instinct d’attaque, même capacité à bousculer les hiérarchies.
Mais à Madrid, lors d’un événement organisé par Estrella Galicia, le champion du monde 2025 a tenu à remettre les choses en perspective… avec une phrase aussi brève que tranchante. Et dans la salle, le message est passé comme une décharge électrique.
Avant d’aborder la question Acosta, Marquez a d’abord évoqué le contexte sportif du moment. Le Grand Prix de Thaïlande a marqué une anomalie historique : pour la première fois depuis longtemps, aucune Ducati n’a terminé sur le podium.
Une situation qui a immédiatement relancé un débat sensible : Ducati dépend-elle trop de son pilote star ?
Marquez, fidèle à son style direct, a calmé le jeu.
« C’était la première course depuis longtemps sans Ducati sur le podium. J’espère que c’était un accident, dû aux conditions du week-end. »
Pour lui, la Desmosedici reste une machine extrêmement compétitive. Il rappelle d’ailleurs qu’en son absence l’an dernier, d’autres pilotes avaient parfaitement pris le relais. « La moto a continué d’évoluer pendant l’hiver. »
Et il est convaincu que la course thaïlandaise aurait pu se terminer très différemment sans un incident inattendu.
« Si cet incident avec la bordure du vibreur et la jante ne s’était pas produit, je pense que j’aurais pu placer une Ducati sur le podium ; c’était tout à fait possible. »
Pour Marc Marquez, le niveau général du MotoGP ne cesse de grimper.
« Tout le monde progresse ; nous devons tous aller de l’avant, tant au niveau du pilotage que de la mécanique. »

Michelin, Aprilia et les rumeurs du paddock : Marc Marquez répond
Autre sujet brûlant : la théorie selon laquelle une carcasse Michelin spécifique aurait favorisé Aprilia Racing et expliqué son excellente performance. Une idée que Marquez a balayée sans détour. Plutôt que de chercher des excuses techniques, le pilote catalan préfère regarder dans le miroir.
« Je suis toujours très exigeant envers moi-même. L’an dernier, nous avons terminé premier, deuxième et troisième. Nous devons continuer à progresser. »
Mais le moment le plus marquant de la conférence de presse est venu lorsqu’un journaliste a évoqué la comparaison qui circule de plus en plus dans le paddock : Pedro Acosta serait-il le nouveau Marc Marquez ?
La question était simple. La réponse, elle, a été redoutable.
Lorsque l’on lui a demandé s’il voyait dans l’audace d’Acosta un reflet de son propre esprit de 2013, Marquez n’a pas esquivé. Il a répondu en une seule phrase, entre sourire et avertissement :
« Le Marc Marquez de 2013 a gagné dès sa première année. »
La salle a éclaté de rire… mais le message était limpide. Car derrière l’humour se cache une vérité historique : en 2013, Marquez avait remporté le championnat MotoGP dès sa saison rookie, un exploit que personne n’a reproduit depuis.
Autrement dit, si Acosta veut réellement marcher dans ses traces, il devra faire encore plus que montrer du talent.
L’ironie de la situation, c’est que cette rivalité pourrait ne pas se limiter à la piste. Selon certaines rumeurs du paddock, Acosta pourrait devenir le coéquipier de Marquez chez Ducati à partir de 2027.
Si ce scénario se concrétise, le MotoGP pourrait assister à une confrontation fascinante : le champion installé, neuf fois titré face au jeune prédateur qui veut renverser l’ordre établi.
Mais pour l’instant, Marquez semble vouloir rappeler une chose simple. Le passé ne se réécrit pas. Et dans l’histoire du MotoGP, le Marc Marquez de 2013 reste une référence presque impossible à égaler.

























