Jorge Lorenzo ne cache pas son inquiétude pour Toprak Razgatlioglu. Le triple champion du monde MotoGP, aujourd’hui dans le staff de Maverick Viñales, a livré un constat sans concession sur la première saison MotoGP du Turc chez Pramac Yamaha en 2026.
Pour Jorge Lorenzo, le timing est cruel. Toprak Razgatlioglu débarque enfin en MotoGP en 2026, après des années d’attente et un contrat de deux ans, signé avec Yamaha pour courir chez Pramac Racing. Mais selon Por Fuera, il arrive au “pire moment” pour la marque d’Iwata.
Razgatlioglu voulait l’usine. Il a accepté le satellite. Il voulait sa chance avant la révolution 2027 (850 cc). Il l’a obtenue. Mais avec un V4 en développement, des pneus Michelin à apprivoiser et une aérodynamique ultra-complexe, la montagne est abrupte.

Jorge Lorenzo : “Le pauvre Toprak…”
Lorenzo n’a pas tourné autour du pot. « Le pauvre Toprak, qui arrive au pire moment pour Yamaha avec des pneus Michelin, beaucoup d’électronique et d’ailerons aérodynamiques qu’il ne maîtrise pas. Tout cela a contribué à rendre son adaptation encore plus difficile. »
Triple champion du monde Superbike, Toprak vient d’un univers très différent : motos dérivées de série, châssis plus souples, pneus distincts, style de freinage agressif.
« Toprak a toujours roulé sur des motos issues de la série. Ce ne sont pas des prototypes. Elles sont beaucoup plus souples, avec des pneus différents. Il freinait, prenait les virages et sortait des pistes beaucoup plus agressivement, et maintenant il doit apprendre à négocier les virages. »
Et 2026 sera pour lui une année d’apprentissage. Nouveaux circuits. Dispositifs de correction d’assiette encore autorisés (interdits en 2027). Électronique omniprésente…
Face à lui, un autre rookie : Diogo Moreira, champion Moto2, engagé chez LCR Honda avec le soutien de Honda.
Lorenzo ne cache pas son admiration sur Duralavita : « Moreira se débrouille bien. Il n’a pas encore été en tête, évidemment, il est encore un peu loin. Mais c’est super parce qu’aujourd’hui, contrairement à mes débuts en MotoGP, l’aérodynamisme n’était pas un problème. »
« Moreira a un talent fou, il est excellent en Supermoto, sur terre battue, et il est au même niveau que les meilleurs dans ces disciplines. »
Et il lâche une phrase lourde de sens : « si Honda est nettement supérieure à Yamaha, Moreira pourrait même devancer Toprak. »
Le cœur des inquiétudes reste le nouveau moteur V4. Yamaha abandonne son quatre cylindres en ligne pour préparer l’ère 850 cc de 2027. À Sepang, deux moteurs auraient cassé, selon Alex Rins, touchant notamment Fabio Quartararo et Razgatlioglu.
La presse a parlé de crise. Lorenzo nuance : « je pense que la situation a été dramatisée davantage dans la presse avec des gros titres sur la crise chez Yamaha, etc. C’est normal. C’est comme s’il s’agissait d’un nouveau projet, d’un nouveau moteur que nous n’avons jamais eu. »
« Il est normal que des problèmes surviennent. Le projet est encore tout jeune, donc je ne les ai pas perçus comme inquiets. »
Calme en interne. Tumulte en externe. Une année de survie stratégique. Pour Toprak, 2026 n’est pas une saison de conquête. C’est une saison de survie technique et d’adaptation. S’il progresse malgré le V4 en chantier, il sortira renforcé pour 2027. S’il souffre trop, l’étiquette “transfert tardif” pourrait lui coller à la peau.
Lorenzo le sait : le MotoGP moderne pardonne peu. Et parfois, le talent ne suffit pas… quand le timing n’est pas parfait.
































