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Derrière les luttes visibles du MotoGP se déroule une autre bataille, plus silencieuse mais tout aussi stratégique : celle du marché des pilotes. Et dans les bureaux de Ducati, un nom circule désormais avec insistance pour l’avenir du programme Superbike : Raul Fernandez. Le pilote espagnol de TrackHouse Racing MotoGP serait en effet l’un des profils qui séduisent les responsables de Borgo Panigale pour renforcer leur projet en Superbike à partir de 2027. Une idée qui, pour l’instant, relève davantage du fantasme que d’un véritable projet concret.

Car Raul Fernandez traverse aujourd’hui l’une des phases les plus intéressantes de sa carrière. Vice-champion de Moto2 en 2021, il avait pourtant connu une entrée en MotoGP particulièrement difficile, terminant successivement 22e, 20e puis 16e du championnat lors de ses trois premières saisons dans la catégorie reine. Beaucoup s’interrogeaient alors sur sa capacité à confirmer les promesses de ses débuts. Mais la saison dernière a complètement changé la perception du pilote espagnol : Fernandez a franchi un cap majeur en remportant sa première victoire en MotoGP en Australie et en montant à cinq reprises sur le podium, ce qui lui a permis d’intégrer pour la première fois le top 10 du championnat.

Cette progression ne semble pas être un simple accident. Dès la manche d’ouverture de la saison en Thaïlande, il a confirmé la compétitivité de la moto Aprilia en décrochant deux nouveaux podiums. À seulement 25 ans, Fernandez apparaît désormais comme un pilote capable de viser plus haut encore. Pourtant, malgré cette trajectoire ascendante, son nom n’est toujours pas considéré comme une priorité pour l’un des guidons d’usine qui pourraient se libérer dans le paddock MotoGP.

Raul Fernandez

Un rêve presque impossible pour Ducati

C’est précisément cette situation qui alimente certaines réflexions du côté de Ducati. Selon un rapport publié par GPOne, les dirigeants du programme Superbike, Stefano Cecconi et Serafino Foti, nourriraient un rêve audacieux : convaincre Raul Fernandez – ou même Enea Bastianini – de rejoindre leur équipe en championnat du monde Superbike. L’idée serait d’attirer un pilote déjà aguerri au MotoGP afin de renforcer encore la domination de la Ducati Panigale V4R dans la discipline.

Mais dans les faits, ce projet relève aujourd’hui d’un pari extrêmement difficile. Pour un pilote MotoGP en pleine progression, quitter la catégorie reine pour rejoindre le Superbike représente un choix radical, souvent perçu comme un recul dans la hiérarchie du sport. Même si l’avenir de l’équipe TrackHouse devait devenir incertain – notamment en raison de discussions autour d’une éventuelle vente de parts de l’équipe – Fernandez pourrait préférer rester dans l’univers MotoGP et chercher une autre équipe satellite plutôt que de changer totalement de championnat.

Dans ce contexte, Ducati doit également gérer un autre dossier stratégique : celui de Nicolo Bulega. L’Italien, actuellement considéré comme l’un des grands favoris pour le titre en Superbike, pourrait devenir une pièce centrale du puzzle sportif de Borgo Panigale.

Le directeur technique Luigi Dall’Igna envisagerait même de l’intégrer progressivement dans l’univers MotoGP en le nommant pilote d’essai dès 2026, ce qui permettrait de tester sa capacité à évoluer dans la catégorie reine tout en continuant à l’exploiter en Superbike.

Cependant, Bulega nourrit lui aussi une ambition claire : suivre un parcours comparable à celui de Toprak Razgatlioglu, dont la carrière en Superbike lui a permis de se bâtir une réputation internationale avant d’envisager un passage vers le MotoGP.

Dans cette perspective, un scénario étonnant circule déjà dans le paddock : un possible échange de places entre Bulega et Franco Morbidelli qui pourrait rejoindre le Superbike tandis que Bulega tenterait sa chance en Grand Prix, un mouvement facilité par ses liens étroits avec Valentino Rossi et la VR46 Académie.

Au-delà de ces hypothèses, une chose apparaît clairement : Ducati cherche à renforcer les passerelles entre ses différents programmes sportifs afin de conserver un contrôle maximal sur les talents du paddock. Dans cette vision stratégique, Raul Fernandez représenterait une recrue idéale pour le Superbike : jeune, rapide, et déjà aguerri au plus haut niveau du motocyclisme mondial.

Mais pour l’instant, la réalité du marché est implacable : tant qu’il existe la moindre chance de réussir en MotoGP, il est difficile d’imaginer un pilote de 25 ans abandonner la catégorie reine.

Et c’est précisément ce paradoxe qui rend le rêve de Ducati si fascinant… et si improbable.

Raul Fernandez

 

 

 

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