L’usine Yamaha est attendue au tournant en 2021 après une saison 2020 de MotoGP qui a révélé des faiblesses inquiétantes. Tant dans l’organisation que dans la politique de développement de la M1, la firme d’Iwata a semblé comme avoir perdu le fil tandis que ses concurrents se montraient plus organisés, livrant sur la piste une machine cohérente. Ses pilotes n’ont pas été avares en critiques et ont déroulé chacun de leur côté leurs solutions pour rétablir la situation. Yamaha les entendra-t-il et qui sera écouté ? Le patron sur le terrain Lin Jarvis répond.

Les résultats du dernier championnat MotoGP ont montré à Yamaha que remporter sept des quatorze courses en jeu dans la saison ne garantissait pas une marche triomphale vers un titre. Il y a eu trop d’irrégularités, de partages de points entre les pilotes, et de soucis techniques pour ne pas se poser de profondes questions sur les choix et l’organisation.

Les quatre pilotes servant le blason aux diapasons ont critiqué la façon dont les choses tournaient chez Yamaha dont les intérêts auront été finalement mieux défendus par un Franco Morbidelli qui n’était pas équipé de la dernière génération de la M1.

Alors ? Alors il faudra montrer un autre visage en 2021. Lin Jarvis, en première ligne car le premier responsable sur le terrain, donne sa vision des choses avec cet impératif : maintenir la cohésion. Il commence ainsi sur le cas Rossi : « il a fait 15 saisons avec l’équipe d’usine Yamaha. C’est assez extraordinaire », rappelle-t-il. « Il l’a fait en deux temps, d’abord sept ans de 2004 à 2010 avant de faire une pause de deux ans pour rejoindre Ducati en 2011-2012, puis huit ans quand il est revenu en 2013 ».

Certes, mais le Doctor sera un pilote satellite l’an prochain, au sein du team Petronas : « ce sera un changement, il n’y a aucun doute car déménager à côté sera différent » reconnait Jarvis. « Mais ce ne sera pas différent parce que Valentino aura le soutien total de l’usine l’année prochaine. Il roulera sur une moto d’usine avec les mêmes caractéristiques que les pilotes de l’usine. Il est vrai qu’une partie du développement sera davantage dirigée par l’équipe de l’usine, mais Valentino est un élément très important de notre collecte de données ».

Yamaha ne changera pas beaucoup la façon de développer sa moto

Les pilotes d’usine seront Viñales et Quartararo : « il est important d’avoir plus de pilotes sur la piste et il ne fait aucun doute que nos ingénieurs examineront les données de Fabio, Maverick et Valentino pour développer et faire progresser la moto d’usine ». Mais Jarvis n’oublie pas non plus le quatrième de la famille : « nous obtenons également des informations intéressantes grâce à la présence de Franky Morbidelli sur l’ancienne moto ».

Ayant ainsi satisfait tout le monde, Lin Jarvis termine : « je pense donc que ce ne sera pas un grand changement, que ce ne sera pas un déficit de toute façon et que cela ne changera pas beaucoup la façon dont nous développons la moto ». Tout le monde sera donc entendu, mais on peut s’interroger, comme Rossi, sur le fait de savoir si tout le monde sera écouté. Et comme Lin Jarvis avoue que la façon dont la moto ne « changera pas beaucoup », on craint pour Yamaha que la même recette aboutisse au même résultat qu’en 2020.

 



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