Vainqueur du Sprint indonésien, Marc Marquez n’a pu faire mieux que sixième le lendemain, laissant Jorge Martín reprendre la tête du championnat pour deux points. Pour Dani Pedrosa, consultant de DAZN, le pilote Ducati a surtout été privé de l’une de ses armes habituelles : sa capacité à freiner tard et à attaquer l’entrée des virages. Une anomalie qui pose une question cruciale à cinq Grands Prix de la fin : l’usine Ducati peut-elle encore donner à Marquez les moyens de résister à Aprilia ?
Samedi, Marc Marquez semblait avoir réalisé le coup parfait. En remportant le Sprint de Mandalika, il prenait la tête du championnat du monde pour la première fois de la saison. Vingt-quatre heures plus tard, Jorge Martin récupérait son bien grâce à sa troisième place, tandis que l’Espagnol terminait sixième.
Deux points séparent désormais les deux hommes. Mais derrière ce renversement comptable, Dani Pedrosa a surtout identifié un phénomène inhabituel dans le pilotage de Marquez.
Marquez privé de son arme favorite
Sur DAZN, l’ancien pilote MotoGP s’est étonné des difficultés rencontrées par son compatriote dans les phases de freinage. « Nous l’avons vu en difficulté à l’entrée des virages, alors que c’est normalement son point fort. Il était plus prudent que d’habitude, un peu moins performant dans les gros freinages. »
Le constat est particulièrement révélateur. La capacité de Marquez à freiner tard, charger l’avant et faire pivoter sa machine constitue historiquement l’une de ses signatures. Or, dimanche, cette agressivité semblait absente.
Pedrosa évoque une possible pression excessive du pneu avant, susceptible d’avoir modifié le comportement de la Ducati. Il précise toutefois que la cause exacte reste incertaine. Son diagnostic sportif, en revanche, est sans ambiguïté : « Marc a dû survivre parce que les sensations n’étaient pas bonnes. »
Ducati face à une Aprilia qui dicte le rythme
Pendant que Marquez cherchait à limiter les dégâts, les RS-GP occupaient les quatre premières places. Marco Bezzecchi a remporté la course devant Raul Fernandez, Jorge Martin et Ai Ogura.
Pedrosa a particulièrement apprécié la manière dont Bezzecchi a construit sa victoire. Après avoir suivi le rythme élevé de Fernandez, l’Italien a accéléré dans la seconde moitié de l’épreuve, creusant un écart décisif.
Cette démonstration souligne la difficulté de Ducati : à Mandalika, il ne suffisait pas à Marquez de piloter à son meilleur niveau pour garantir la victoire. Encore fallait-il disposer d’une moto capable de répondre aux qualités de l’Aprilia.
You've voted for the key move in the title fight 📩
Martin wins the Best Overtake of the #IndonesianGP 🇮🇩🦾#MotoGP pic.twitter.com/6rKGtYmHZr
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) October 13, 2026
Dall’Igna peut-il trouver la réponse pour Marquez ?
Pour Pedrosa, les cinq derniers Grands Prix placeront Ducati devant un défi technique majeur. « Il s’agit maintenant de voir comment Ducati et Dall’Igna abordent les dernières courses : s’ils peuvent offrir quelque chose de plus à Marc ou simplement optimiser les réglages autant que possible. »
La nuance est importante. À ce stade de la saison, une transformation profonde de la machine paraît peu réaliste. Le travail pourrait surtout porter sur l’exploitation des réglages et la confiance accordée au train avant.
Marquez a néanmoins sauvé des points précieux dimanche, après avoir gagné le Sprint. Il n’a donc pas subi un effondrement complet de son week-end. Mais face à une Aprilia aussi performante, chaque faiblesse technique risque désormais d’être immédiatement sanctionnée.
Martin reprend la main, sans avoir tout exploité
Pedrosa estime également que Jorge Martin aurait pu obtenir davantage. Selon lui, un meilleur départ aurait permis au pilote Aprilia de viser la deuxième place, notamment lorsque Fernandez a commencé à éprouver des difficultés physiques.
Blessé aux doigts, le pilote TrackHouse devait modifier ses habitudes de freinage, un effort mental considérable à ce niveau. Martin a néanmoins assuré l’essentiel : un podium et la première place du championnat. « Samedi, Marquez a pris la tête ; dimanche, Martin l’a reprise. Une bataille incroyable pour le titre mondial », résume Pedrosa.
À Mandalika, Marquez n’a pas oublié comment freiner. Mais sa Ducati ne lui a pas permis d’attaquer comme il le souhaitait. Et lorsque deux prétendants au titre ne sont séparés que par deux points, retrouver quelques mètres au freinage peut devenir aussi important en MotoGP que gagner une course.








