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Marc Marquez

Austin n’a pas attendu la course pour basculer dans le spectaculaire. À peine dix minutes après le début des essais libres, Marc Marquez a une nouvelle fois rappelé à quel point la limite est fine en MotoGP… en chutant violemment au virage 10 du Circuit des Amériques. Une sortie de piste brutale, inattendue, presque incompréhensible.

Le pilote Ducati a perdu l’avant en franchissant la crête, avant d’être projeté à très haute vitesse dans le bac à gravier. Une séquence impressionnante, immédiatement suivie d’un drapeau rouge. Pendant quelques instants, le paddock a retenu son souffle.

Puis est venu le premier verdict. Davide Tardozzi s’est voulu rassurant : « Marc va bien, mais il a reçu un gros choc au bras droit et à la main gauche. C’est douloureux, mais il n’y a rien de cassé, donc s’il le souhaite, il peut remonter en selle. »

Un soulagement… mais pas une banalité. Car à ces vitesses, chaque chute peut tout faire basculer.

Très vite, les images sont analysées. Et quelque chose interpelle les observateurs. Sylvain Guintoli, consultant MotoGP, ne cache pas sa surprise :

« Vous pensez qu’il avait des pneus froids ? C’est un accident inhabituel, non ? On ne voit jamais d’accidents comme ça. »

Même constat du côté de Neil Hodgson : « c’était un accident inhabituel. On dirait des pneus froids. Il n’avait même pas sorti le genou. » Autrement dit : une chute sans les signes classiques d’une perte de contrôle progressive. Une rupture brutale d’adhérence.

Marc Marquez

« En arrivant à cette vitesse dans les graviers, Marc Marquez sait qu’il va se faire tabasser« 

Le ralenti est glaçant. On y voit Marquez anticiper le choc, se retourner pour absorber l’impact avant d’entrer dans le gravier. Mais à ces vitesses, la préparation ne suffit pas.

Guintoli résume la violence de la situation : « c’est un gros problème. Quand on arrive sur le gravier à une telle vitesse, même si on est prêt à déraper ou quoi que ce soit, on va se blesser. On va se prendre un sacré coup. »

Et Hodgson enfonce le clou : « tu vas te faire tabasser. En gros, il a percuté le sol à environ 190 km/h. Il a atteint le gravier et il doit rouler à environ 130 km/h. »

Des chiffres qui donnent le vertige. Et pourtant, fidèle à lui-même, Marquez est revenu. Après un passage au centre médical, changement de combinaison, il est reparti pour les dernières minutes de la séance. Et comme si de rien n’était, il a signé le quatrième temps et le meilleur chrono de la Practice qui a suivi. Un mélange unique de résilience… et de prise de risque permanente.

La discussion dérive alors vers un sujet plus profond : le rapport de Marc Marquez à la chute. Neil Hodgson s’interroge : est-il le pilote ayant le plus chuté de l’histoire moderne ?

Guintoli nuance, mais confirme la singularité du phénomène : « ses accidents ont été énormes. Quand il est arrivé, il avait une approche totalement nouvelle de la course, où l’on se donne à fond et on cherche ses limites. »

Et la comparaison est sans appel : « Jorge Lorenzo a réalisé quelques gros coups d’éclat au début de sa première année, mais ensuite il s’est un peu stabilisé. »

Hodgson conclut : « Casey Stoner était pareil… mais il ne chutait pas semaine après semaine. Mais Marc, durant ses premières années, rentrait toujours le train avant à l’entraînement. »

Cette nouvelle chute n’est peut-être qu’un incident isolé. Mais dans un contexte où Ducati doute, où Marquez n’est pas à 100 % physiquement, et où Aprilia impose son rythme, elle prend une autre dimension. Celle d’un signal faible… mais inquiétant.

Marc Marquez joue avec le feu. Sa chute au virage 10 est un avertissement sérieux : le COTA ne pardonne pas les pneus froids ni les approximations aéro. S’il continue de « visiter » le bac à gravier à chaque séance, il n’arrivera pas au départ du Grand Prix dimanche en pleine possession de ses moyens. Sa performance lors des 10 dernières minutes prouve qu’il a la vitesse, mais a-t-il encore la marge de sécurité nécessaire ?

Marc Marquez

 

 

 

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