La phrase a fait l’effet d’une bombe dans le paddock. Lorsque Marc Marquez a déclaré récemment qu’il avait « gagné dès sa première année dans la catégorie », beaucoup y ont vu une pique à peine voilée adressée à Pedro Acosta. Mais le pilote Ducati assure aujourd’hui que la polémique repose sur un malentendu.
Dans une interview accordée à Mundo Deportivo, le champion espagnol a tenu à clarifier sa position : il n’y a ni rivalité personnelle ni conflit avec le jeune phénomène de KTM. Pour lui, cette phrase n’était qu’une réponse factuelle à une question… et certainement pas une attaque.
Le pilote du Ducati Lenovo Team a également évoqué un sujet qui continue de marquer sa carrière : l’impact de ses blessures successives.
« Après une blessure, il faut toujours se réadapter, plus ou moins, changer certaines choses, trouver le moyen de se surpasser », a-t-il expliqué après la première course de la saison.
Marquez parle avec une lucidité presque brutale sur ce que signifie revenir au sommet après des années marquées par les opérations et les longues convalescences.
« Après chaque blessure, tout change. C’est ce que j’ai appris tout au long de ma carrière sportive. Parfois, ce potentiel diminue d’un point, parfois de dix, ce qui est énorme pour un athlète. Mais nous allons travailler ces prochaines semaines et ces prochains mois pour trouver un niveau optimal qui nous permette de prendre du plaisir sur la moto. »
Aujourd’hui, le Catalan estime avoir retrouvé une base solide, même si tout n’est pas encore parfait.
« Actuellement, je suis physiquement capable de me battre pour les podiums, mais je veux encore progresser pour retrouver la fluidité que j’avais l’an dernier. »

Marc Marquez : « le dixième titre serait un cadeau mais sans la pression. Je suis en paix avec moi-même et très serein »
Et il le répète sans détour :« maintenant, je suis à un niveau où je peux me battre pour des places sur le podium. »
Le début de saison 2026 n’a pas été aussi dominant que beaucoup l’imaginaient pour Ducati.
Lors du Grand Prix de Thaïlande, Marc Marquez a terminé deuxième du Sprint, avant d’abandonner lors de la course principale après un incident dans les derniers tours.
Pour autant, l’Espagnol refuse toute dramatisation.
« Évidemment, nous serions moins inquiets, ou plus heureux – pas inquiets, car nous ne le sommes pas – mais plus heureux, si nous avions commencé comme l’an dernier, avec la pole position et une victoire dans les deux courses. »
Il rappelle toutefois que le week-end n’a pas été si mauvais : « ça ne s’est pas passé comme ça, mais bon, nous sommes partis deuxièmes, avons terminé deuxièmes du sprint, et dimanche, si rien ne s’était passé dans les six derniers tours, nous aurions terminé sur le podium. Donc, pas si mal. »
À 32 ans, Marquez reste évidemment l’un des favoris pour le championnat. Mais sa vision de la compétition a évolué.
Le fameux dixième titre mondial, qui le placerait encore davantage dans l’histoire du sport, est désormais perçu différemment par l’Espagnol.
« Le dixième titre serait un cadeau, et je vais vous dire pourquoi. À partir du neuvième, et compte tenu de ce que j’ai accompli depuis ma blessure, advienne que pourra. »
Et il insiste sur l’état d’esprit avec lequel il aborde cette saison.
« Évidemment, nous allons tout faire pour l’obtenir, nous allons travailler dur pour y arriver, nous y allons avec la même ambition qu’auparavant, mais sans la pression. Je suis en paix avec moi-même et très serein. »
Et le pilote Ducati conclut avec une vision tournée vers l’avenir : « et surtout, je recherche les bases qui nous permettront de construire un bel avenir cette année. »
Dans un paddock souvent alimenté par les rivalités et les déclarations explosives, Marc Marquez semble vouloir adopter une posture différente : moins de confrontation, plus de sérénité.
Mais une chose reste certaine : si lui et Acosta se retrouvent roue contre roue cette saison, la paix intérieure pourrait très vite laisser place à une guerre sur la piste.
Marc Marquez a entamé une mutation psychologique profonde. Il n’est plus le « prédateur » qui veut écraser la concurrence par la parole et les actes, mais un vétéran ultra-compétitif qui mise sur l’expérience et la gestion. En Thaïlande, la Ducati GP26 a montré quelques signes de faiblesse face aux Aprilia, mais Marquez reste le seul capable de compenser les manques de sa machine. Le « cadeau » du 10e titre semble à sa portée, à condition que son corps et sa mécanique le laissent tranquille lors du prochain Grand Prix au Brésil.

























