Marc Marquez a encore frappé : septième victoire consécutive en Grand Prix, cette fois sur le tout nouveau circuit de Balaton Park. Mais derrière son pilotage toujours chirurgical, se cache aussi une astuce technique signée Ducati. Et c’est notre Sylvain Guintoli national que lève le voile.
Sur une piste aussi étroite et piégeuse que Balaton, on aurait pu croire que Ducati chercherait à rendre ses motos plus courtes, plus agiles, avec davantage d’adhérence à l’arrière. Mais la marque italienne a pris le problème à contre-pied.
Et c’est ce qu’a révélé Sylvain Guintoli sur TNT Sports : « c’était brillant. Uccio Salucci nous l’a dit. On pourrait penser qu’en arrivant sur une petite piste comme celle-ci, on voudrait un peu plus d’adhérence à l’arrière pour rendre la moto plus agile. Normalement, on raccourcit la moto pour ça. Mais en fait, ils ont fait l’inverse. En allongeant le bras oscillant, on voit que l’essieu est reculé. En l’allongeant, on gagne en stabilité. »
Le paradoxe est clair : en sacrifiant un peu de grip arrière, Ducati a rééquilibré ses machines.
« Ils ont également perdu un peu d’adhérence à l’arrière. C’était l’un des problèmes qu’ils avaient : ils avaient tellement d’adhérence à l’arrière qu’ils poussaient l’avant en entrée de virage. Cela signifie une meilleure stabilité au freinage et plus de poids à l’avant. Cela se traduit par une meilleure agilité dans les chicanes serrées et lentes. Cela a remis le VR46 dans le mix. Devinez qui a un bras oscillant vraiment long ? Marc Marquez » signale Sylvain Guintoli sur crash.net.
Marc Marquez, chef d’orchestre d’une stratégie gagnante : une configuration inattendue pour plus d’agilité
Avec ce réglage atypique, le #93 a trouvé l’arme parfaite pour dompter un tracé encore controversé pour sa sécurité et ses opportunités de dépassement. Le résultat ? Une nouvelle démonstration, bien que seulement trois Ducati aient terminé dans le top 10. Marc Marquez le vainqueur, intouchable, Franco Morbidelli (VR46), sixième, solide malgré la densité du peloton, Pecco Bagnaia, neuvième, toujours en difficulté. Puis arrive Fabio Di Giannantonio, malchanceux, contraint de partir des stands après un souci technique.
Et pendant que Marquez filait vers un nouveau triomphe Pedro Acosta (KTM) et Marco Bezzecchi (Aprilia) complétaient le podium.
Difficile cependant de mesurer si le bras oscillant rallongé a été le facteur décisif. Car avec Marquez, tout est brouillé par son génie pur : il sublime chaque solution technique. Mais dans un MotoGP où le moindre détail technique peut faire basculer un week-end, cette trouvaille Ducati prouve que l’ingénierie et le talent peuvent créer une combinaison implacable.