Marc Marquez est intouchable en 2025. L’Espagnol a remporté les 14 dernières courses et a transformé Francesco Bagnaia, double champion du monde MotoGP, en simple figurant. Pourtant, le pilote Ducati reste lucide : cette domination ne durera pas éternellement.
Depuis ses débuts en MotoGP en 2013, Marquez a toujours pris le dessus sur ses partenaires de box : Dani Pedrosa, Jorge Lorenzo, Pol Espargaró, Joan Mir… et même son frère Alex lors de leur passage chez Honda puis chez Gresini Ducati.
Aujourd’hui installé aux côtés de Bagnaia dans l’équipe officielle Ducati, Marc continue d’écraser la concurrence. Pecco n’a signé qu’une seule victoire cette saison – grâce à la chute de Marc à Austin – et n’a plus vu le podium depuis trois courses.
Résultat : Marquez caracole en tête du championnat avec 175 points d’avance et laisse Bagnaia à la dérive, 227 points derrière, au coude à coude… avec Alex Marquez.
Interrogé sur cette rivalité à sens unique, Marc a livré une réponse aussi sincère qu’inattendue :
« Je ne peux pas répondre honnêtement à ce que l’on ressent de l’autre côté du box, car depuis mes débuts jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours battu mes coéquipiers. Je ne connais donc pas l’expérience. »
Puis il a ajouté, presque fataliste : « je ressentirai cette expérience, c’est sûr – à l’avenir, je ressentirai cette expérience parce que c’est un processus naturel. Quelqu’un arrivera et me battra avec la même moto. »
Marc Marquez : « Pecco Bagnaia est suffisamment intelligent et a suffisamment d’expérience pour absorber toutes ces choses »
Et de rappeler sur crash.net : « lorsque je suis arrivé en MotoGP, j’ai fait quelques erreurs certains dimanches, parce que Pedrosa était devant et j’essayais de le rattraper. Ton coéquipier est toujours une pression supplémentaire, mais en même temps, une motivation supplémentaire. »
Une trajectoire qui rappelle celle de Valentino Rossi : invincible face à ses équipiers entre 2000 et 2012, avant que Jorge Lorenzo ne renverse la hiérarchie.
Malgré l’écart abyssal, Marc refuse d’enterrer son coéquipier : « je pense que Pecco est suffisamment intelligent et a suffisamment d’expérience pour absorber toutes ces choses. Il est déjà double champion du monde. Je pense donc que ce n’est pas son principal problème. »
Puis il a pointé les limites actuelles de Bagnaia :
« En MotoGP, quand tu n’as pas confiance, tu perds 0,030 à 0,040 s à chaque point de freinage. Et pour finir, ça fait deux dixièmes par tour. Il est donc dans un moment pour retrouver sa confiance. Mais comme on l’a vu en Autriche, il a été le plus rapide vendredi. Pecco est Pecco et il arrivera tôt ou tard. »
Bagnaia regrette encore la maniabilité de la GP24 et répète qu’il est impossible d’y revenir. Mais Marc a tenu à corriger : « comme pilotes d’usine, si nous voulons la GP24, d’après ce que j’ai compris de mes techniciens, nous pouvons l’avoir. »
Un petit tacle qui en dit long sur la différence d’approche entre les deux champions : là où Pecco s’enferme dans ses regrets, Marc rappelle que les solutions existent, encore faut-il aller les chercher.