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Marc Marquez

Le ton est calme. Les mots sont mesurés. Mais le message, lui, est brutal. Lors des essais de Sepang, Marc Marquez a laissé tomber le masque. Derrière les sourires et les chronos prometteurs, la réalité physique est plus fragile qu’il n’y paraît. « La meilleure sensation était le premier jour l’après-midi… Puis, petit à petit, je devenais de plus en plus mauvais. » Une phrase lourde de sens.

Sepang marquait son véritable retour en MotoGP après l’accident violent avec Marco Bezzecchi en Indonésie en octobre. Une blessure sérieuse à l’épaule, des mois de récupération, et seulement quelques roulages sur le circuit Aspar en janvier pour retrouver le contact avec l’asphalte.

Autant dire que ces essais n’étaient pas une simple reprise : c’était un test de vérité.

La stratégie adoptée ? Courtes sessions, gestion physique millimétrée. Une méthode qui rappelle ses années compliquées chez Honda, quand chaque tour était négocié avec prudence après ses opérations.

Des signaux positifs… mais un corps qui dit stop. Sur la piste, tout n’était pas sombre. Au contraire.

« Pas à pas, nous essayons quelques choses et nous sortons avec des informations judicieuses. Nous avons fait une simulation de Sprint et j’y ai mis un bon rythme. Puis, petit à petit, je devenais de plus en plus mauvais. Mais la façon dont j’ai terminé, ça me plaît. »

La simulation de Sprint du dernier jour a rassuré. Le rythme était là. La confiance aussi. Mais le problème ne se situe pas dans le chrono. Il est dans la durée.

Marc Marquez : « le test thaïlandais sera important parce que là-bas, après seulement quatre jours, nous aurons la course après le test. »

Jeudi a été décrit comme « exigeant ». Le corps a encaissé, mais il a aussi protesté. Fatigue accumulée. Sensations en baisse. Et cette impression que chaque jour coûte un peu plus.

Dans deux semaines, cap sur la Thaïlande. Et cette fois, la pression sera maximale. « Le test thaïlandais sera important, plus important que celui-ci… parce que là-bas, après seulement quatre jours, nous aurons la course après le test. »

Autrement dit : pas le temps de récupérer, pas le temps d’hésiter. Il le sait. « Nous devons nous améliorer car il y a deux ou trois pilotes qui sont plus rapides que nous. »

La concurrence ne ralentit pas. Ducati est affûtée. Aprilia progresse. KTM pousse. Et lui, il doit d’abord gagner contre son propre corps.

Ce n’est pas un Marquez résigné. C’est un Marquez lucide. « Je suis heureux et ces trois jours ont été très utiles pour moi. » Optimisme, oui. Illusion, non.

À ce stade de sa carrière, la question n’est plus seulement technique ou stratégique. Elle est physique. Peut-il enchaîner les efforts sans perdre en performance ? Peut-il maintenir l’intensité sur toute une saison ?

Le monde du MotoGP retient son souffle. Parce que quand Marquez vacille physiquement, le championnat tout entier tremble. Et à quelques semaines du Grand Prix de Thaïlande, une interrogation flotte dans le paddock MotoGP : Le corps suivra-t-il encore l’esprit du champion ?

Marc Marquez battles worsening condition at Sepang MotoGP test: is his future at risk?

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