Jack Miller quittera le MotoGP fin 2026, mais l’Australie conservera son représentant avec Senna Agius chez KTM Tech3. Et celui qui lui transmet symboliquement le témoin ne cache pas son admiration. Miller reconnaît qu’à 21 ans, il « improvisait » encore lorsqu’il découvrait la catégorie reine. Chez Agius, il affirme au contraire n’avoir « jamais » rencontré un jeune possédant une telle éthique de travail. Une différence qui raconte aussi combien le métier de pilote MotoGP a changé en une génération.
Miller : « Comparé à Senna Agius, j’étais un vrai voyou »
Jack Miller sait parfaitement ce qui attend Senna Agius. En 2015, Honda avait pris le pari spectaculaire de le propulser directement du Moto3 au MotoGP chez LCR, sans passer par le Moto2. Miller n’avait alors que 20 ans.
Avec le recul, l’Australien porte un regard assez savoureux sur le jeune pilote qu’il était. « Comparé à Agius, j’étais un gamin insupportable, un vrai voyou, à 21 ans. » Agius lui apparaît presque comme son opposé. « Je n’ai jamais rencontré un jeune avec une éthique de travail aussi exemplaire que lui en matière d’entraînement, de préparation physique et d’entraînement hors moto. »
Superbike, motocross, préparation physique : selon Miller, son compatriote ne laisse pratiquement rien au hasard.
« Nous, on improvisait »
La comparaison devient surtout intéressante lorsque Miller ne parle plus seulement d’Agius, mais de sa propre génération. « Quand je suis arrivé, on improvisait, parce que personne ne le faisait. C’est le pilote MotoGP moderne… »
En une douzaine d’années, l’accès à la catégorie reine s’est effectivement professionnalisé. Préparation physique, analyse des données, travail technique et entraînement sur différents types de motos font désormais partie d’un processus beaucoup plus structuré.
Agius arrivera également avec trois saisons complètes de Moto2 derrière lui, là où Miller avait effectué un saut autrement plus brutal.
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— MotoGP™🏁 (@MotoGP) October 4, 2026
Miller : « Il est le prochain grand champion »
L’ancien pilote Ducati ne se contente d’ailleurs pas de promettre à son compatriote une carrière honorable. Sur Fox Sports Australia, il place la barre beaucoup plus haut. « Je suis convaincu qu’il est le prochain grand champion, vu son éthique de travail et sa façon d’aborder les choses. »
Miller ajoute cependant une condition essentielle : « Il y arrivera si on lui en laisse le temps. » Un avertissement particulièrement pertinent pour un rookie qui découvrira simultanément le MotoGP et une nouvelle génération de machines. Car Agius ne rejoindra pas simplement KTM Tech3 en 2027. Il débutera au moment où les 1 000 cc disparaîtront au profit des nouvelles 850 cc, avec Pirelli comme nouveau manufacturier.
KTM a déjà pu découvrir son potentiel
Agius possède néanmoins une première expérience d’une MotoGP. Lors des essais Pirelli organisés en Autriche fin septembre, KTM lui a confié une RC16 1 000 cc dont les performances avaient été adaptées au programme d’essais.
Il n’a donc pas encore piloté le véritable prototype KTM 850 cc de 2027. Ce premier contact devra attendre les essais d’après-saison de Valence en novembre. Mais son passage sur la RC16 a déjà laissé une impression positive chez Tech3.
Son mentor et manager Chaz Davies a notamment rapporté que l’équipe avait apprécié la qualité de ses retours, y compris concernant les futurs Pirelli.
Depuis 1985, l’Australie n’a jamais disparu
L’arrivée d’Agius possède enfin une dimension presque historique. Depuis 1985, l’Australie a toujours compté au moins un représentant dans la catégorie reine. Miller avait souvent porté seul cette continuité depuis ses débuts. Lorsqu’il rejoindra Yamaha en WorldSBK en 2027, Agius deviendra à son tour l’unique Australien du MotoGP.
Et le passage de témoin est d’autant plus symbolique que Miller l’a personnellement pris sous son aile. Agius formera chez Tech3 un duo entièrement renouvelé avec Luca Marini, tandis que Miller effectuera le chemin inverse vers le Superbike.
Douze ans séparent donc deux arrivées australiennes en MotoGP. Miller débarquait en reconnaissant aujourd’hui qu’il improvisait. Agius arrive en ayant déjà méthodiquement préparé chaque détail.
Et lorsqu’un pilote ayant remporté des Grands Prix regarde son successeur et affirme n’avoir jamais vu à 21 ans une telle capacité de travail, la comparaison vaut peut-être davantage qu’une prédiction : elle montre à quel point le rookie MotoGP de 2027 n’a déjà plus grand-chose à voir avec celui de 2015.









