Le Directeur Sportif de Ducati Corse a réagi assez sèchement aux propos du Team manager de l’équipe Repsol Honda suite à l’homologation de la RC213V 2020 au dernier GP du Qatar. Honda, Ducati, Yamaha et Suzuki étaient invités à fournir soit un moteur assemblé, soit un moteur complet en pièces détachées, soit les dessins de toutes les pièces. KTM et Aprilia n’étaient pas concernés car bénéficiant de concessions.

Seul Honda homologua à Losail sa machine 2020 auprès de Danny Aldridge, responsable technique des GP. Ducati rentra dans son usine fermée, alors que Yamaha et Suzuki rentraient dans leur usine ouverte, pouvant éventuellement encore travailler sur la moto de cette année. Puig se fâcha contre Ducati, qui n’avait pourtant pas attaqué Honda.

Alberto Puig, le directeur de l’équipe Honda, a déclaré qu’ils étaient prêts à courir au Qatar contrairement à Ducati, qu’ils y ont homologué le moteur et qu’ils sont donc les seuls à ne pas pouvoir être impliqués dans une affaire louche.

« Personne n’a jamais pensé que quelqu’un voulait être impliqué dans une affaire louche, mais il y avait une situation claire à gérer : L’Europe était bloquée, et le Japon continuait à travailler normalement. Je ne veux pas vraiment commenter les propos de Puig, je pense qu’il aime créer des polémiques inutiles et stériles, même dans un moment comme celui-ci où le bon goût impliquerait un peu de silence qui serait apprécié. »

En attendant, il a été décidé de poursuivre l’homologation à distance des moteurs et de l’aérodynamique, est-ce une mesure satisfaisante pour Ducati ?

« Oui, parce que nous étions dans une situation où les entreprises européennes, c’est-à-dire nous, KTM et Aprilia, ont été fermées alors que rien ne s’était arrêté au Japon. Indépendamment de tout cela, la situation était donc potentiellement incorrecte. »

Auriez-vous voulu que le développement s’arrête complètement ?

« Je pense que le message est passé haut et fort et que les constructeurs ont dû déposer la documentation des moteurs, et de même en ce qui concerne l’aérodynamique, pour être vérifiés au début de la saison. Je dirais que ce qu’il fallait faire a été fait, en ce moment l’Europe est le centre de la pandémie et objectivement les constructeurs européens sont les plus pénalisés. Il y a un certain nombre de choses que l’on ne peut pas faire pour le développement en travaillant à distance. »

« En ce moment, le plus important est notre santé et nous sommes tous à la maison, à l’exception de mon fils qui est médecin et qui se déplace entre sa maison à Turin et l’hôpital d’Aoste. Il est clair que nous n’avons pas l’habitude de rester assis aussi longtemps, nous travaillons intelligemment, nous faisons des réunions via Skype et nous nous rafraîchissons un peu l’esprit. »

L’espoir est que nous recommencerons bientôt. Faire 19 Grands Prix est une utopie, quelle pourrait être une solution viable ?

« En ce moment, je pense qu’il est inutile de penser à refaire le calendrier. Nous espérons qu’en été ou en septembre, il y aura la possibilité de faire des courses dans certains pays et ensuite nous utiliserons un peu de créativité et d’imagination. Je crois que Dorna ne pense pas non plus à organiser 19 courses, il faudra trouver un minimum d’événements qui puissent se dérouler dans les pays qui ont une situation acceptable du point de vue de la santé et qui veulent accueillir chez eux quelques milliers de personnes du monde entier. Nous devrons repenser notre façon de courir, et nous devrons recommencer d’une autre manière. »

Y a-t-il un nombre minimum de courses en dessous duquel un championnat n’aurait plus de sens ?

« Dans une situation d’urgence comme celle que nous vivons en ce moment, nous devons oublier certaines limites que la Fédération s’était fixé. Tout le sport s’est arrêté, il faudra donc recommencer quand la situation sera sûre. Je pense que faire une douzaine de courses serait déjà un excellent résultat. ».

De nombreux observateurs se demandent ce qu’il adviendra des pilotes et de leurs contrats après cette pause.

« C’est une nouvelle situation, inattendue et non désirée par tous ceux avec qui nous devons traiter. Je pense que cela va conduire à repenser le championnat, et la crise économique que tout le monde connaît va aussi affecter les investissements dans les courses. En tant qu’entreprise, nous existons grâce au soutien de nos sponsors et de nos partenaires, mais aussi grâce aux motos que nous produisons et, pour le moment, nous sommes presque tous fermés et il n’y a même pas la moindre possibilité, dans de nombreuses régions du monde, d’acheter une moto. »

« Je pense que ce sera une année très difficile pour tous les fabricants de motos et que pour l’avenir, nous devrons repenser les coûts engendrés par les courses. La compétition est formidable, amusante, passionnante et c’est le meilleur moyen de promouvoir votre marque, mais elle doit avoir des coûts durables et elle devra être remaniée en raison de la situation économique que nous connaîtrons dans les années à venir. »

 

 

Source : GPOne.com

Photos © Ducati



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