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Jorge Lorenzo

Après une saison 2025 cauchemardesque, beaucoup ont enterré un peu trop vite Francesco Bagnaia. Cinquième du championnat, seulement deux victoires, incapable de suivre le rythme infernal de Marc Marquez sur une Ducati identique… et désormais menacé par l’arrivée annoncée de Pedro Acosta. Mais pour Jorge Lorenzo, triple champion du monde MotoGP, le verdict est clair : Bagnaia n’a pas régressé. Il a simplement traversé une saison techniquement piégeuse.

La GP25 n’a jamais réellement « parlé » à Bagnaia. Son point fort historique, soit le freinage et l’entrée en virage, s’est évaporé à cause d’un manque de confiance sur le train avant, un problème finalement lié au dispositif de correction de l‘assiette  arrière.

Pendant ce temps, Marc Marquez empilait les victoires (11 en Grand Prix, 14 en Sprint) et décrochait un septième titre mondial, rendant l’écart encore plus cruel.

Résultat : la crédibilité de Bagnaia sur le marché 2027 a vacillé. Et chez Ducati, les rumeurs d’un remplacement par Acosta se sont intensifiées.

Jorge Lorenzo monte au créneau

Présent à Sepang lors des essais 2026, Lorenzo n’a pas hésité à défendre l’Italien. « Pecco est toujours un champion, c’est un pilote incroyable, super rapide, super talentueux, super précis, et il ne l’a pas démontré l’année dernière. »

L’Espagnol insiste sur le fait que la performance de 2025 ne reflète pas le niveau réel du double champion du monde.

« Ses mauvais résultats ne reflètent pas son potentiel, et je pense que lorsqu’il se sentira plus à l’aise sur la moto, il montrera qu’il est un prétendant au titre. »

Et les premiers tours de roue de la Ducati GP26 semblent lui donner raison : Bagnaia a retrouvé des sensations, notamment au freinage, avec une simulation de course très solide en Malaisie.

Lorenzo parle d’expérience. Lui aussi a connu une bascule brutale malgré un statut de prétendant naturel au titre.

« Dans ce milieu, où chacun est considéré comme l’élite, les détails sont très importants. »

Il remonte sur crash.net à son passage chez Yamaha : « Je me souviens de l’époque où j’étais chez Yamaha en 2014 ; l’année précédente, je m’étais battu contre Marc Marquez pour le championnat. »

Puis les règles changent. Pneus plus durs. Deux litres d’essence en moins.

« J’étais très performant, mais ils ont changé les règles, ils ont mis des pneus plus durs, ils ont réduit le carburant de deux litres, et la moto a complètement changé. »

« Vu de l’extérieur, ça n’a peut-être pas paru grand-chose, mais pour moi, ça a changé beaucoup de choses, et mes résultats étaient très mauvais en début de saison. »

Le parallèle est évident : une modification technique apparemment mineure peut déstabiliser un champion au plus haut niveau.

La GP26 semble avoir corrigé les défauts majeurs de la GP25. Bagnaia a confirmé se sentir « plus naturel » à l’entrée des virages, et son rythme en simulation était au niveau des meilleurs.

Mais dans un paddock où la mémoire est courte et où les contrats 2027 se signent déjà, Lorenzo a raison sur un point implicite : Bagnaia doit frapper fort immédiatement.

Car en MotoGP, comme le disait récemment l’Italien lui-même, on ne se souvient que des dernières courses.

La question n’est donc plus de savoir si Pecco a le talent. La vraie question est : aura-t-il le temps de le prouver avant que Ducati ne tourne la page ?

Jorge Lorenzo

 

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