Pendant des années, Pedro Acosta a refusé qu’on le présente comme “le prochain Marquez”. L’étiquette était trop lourde, presque étouffante, tant l’ombre de Marc Marquez domine la dernière décennie du MotoGP. Pourtant, à l’aube de 2027, le jeune Espagnol semble prêt à embrasser pleinement cette comparaison. Non pas pour la subir, mais pour la provoquer. Son objectif n’est plus d’échapper à la référence : il veut la défier frontalement.
Après deux saisons solides chez KTM — sixième en 2024, quatrième en 2025 avec douze podiums — Acosta a démontré qu’il faisait déjà partie des forces majeures du plateau, même s’il lui manque encore une victoire en catégorie reine. Ce détail, loin de le freiner, semble au contraire l’avoir convaincu qu’il devait franchir une nouvelle étape. En rejoignant sans doute Ducati en 2027, il ne cherche pas un environnement plus confortable ; il cherche le même stand que Marquez, la même moto, les mêmes armes.
La journaliste Mela Chércoles l’affirme sans détour, relayée par Motociclismo :
« Je vais vous dire une chose. Pedro Acosta, et j’en suis absolument certaine, ira dans la même équipe que Marc Marquez. »
Elle poursuit en expliquant que la couleur du carénage importait peu :
« Autrement dit, si Marc décide de quitter Ducati pour Honda, il signera avec Honda pour disposer des mêmes armes que le meilleur pilote du moment, voire de l’histoire pour beaucoup. »
Et elle insiste encore : « Et il me dit que si Marc Marquez décidait d’aller chez KTM, Acosta resterait chez KTM. J’en suis convaincue, je le sais pertinemment. »

« Pedro Acosta veut se mesurer à Marc Marquez comme Jorge Lorenzo à Valentino Rossi chez Yamaha »
Ce n’est donc pas une question de prestige ou de marketing, mais une logique presque obsessionnelle : être là où se trouve le meilleur, afin de mesurer sa propre valeur sans la moindre excuse technique. Acosta ne prétend pas qu’il battra Marquez, mais il veut pouvoir essayer. Il veut se placer dans une situation où la hiérarchie ne dépendra plus du matériel, mais uniquement du talent et de la constance.
« Il veut se mesurer à Marc Marquez comme Jorge Lorenzo à Valentino Rossi chez Yamaha. Jorge Lorenzo, qui compte cinq titres, dont trois en MotoGP, est fier d’avoir battu Valentino Rossi avec ses propres armes. »
La comparaison est éloquente. Lorsque Jorge Lorenzo affrontait Valentino Rossi au sein du même box Yamaha, il n’y avait aucune ambiguïté : celui qui gagnait était le plus fort. C’est précisément ce type de confrontation qu’Acosta recherche aujourd’hui.
« Acosta veut la même chose : il veut vraiment savoir où il se situe par rapport à Marc. Il ne dit pas qu’il va gagner, mais il veut avoir les moyens d’essayer de le battre, de rêver qu’il peut le battre, et je trouve ça fantastique. »
Dans les coulisses, plusieurs scénarios avaient pourtant été envisagés. KTM rêvait d’aligner Marquez et Acosta dès 2024 via une troisième structure, projet finalement bloqué par Dorna. Honda a également discuté avec les deux Espagnols avant de choisir Fabio Quartararo pour son futur. Même un transfert commun vers le constructeur japonais a été envisagé à un moment donné, preuve que le destin des deux hommes est lié bien au-delà des rumeurs.
« Et il sait que là où Marc Marquez sera pendant les deux prochaines années, c’est dans le stand officiel Ducati, le stand rouge, à Lenovo, et c’est là qu’il est allé, il a obtenu ce qu’il voulait. »
Si Ducati officialise ce duo, le MotoGP 2027 pourrait devenir le théâtre d’un affrontement générationnel rare : le champion dominant face à celui que beaucoup voient comme son héritier naturel. Mais la différence est essentielle : Acosta ne veut pas être “le prochain Marquez”. Il veut être celui qui ose l’affronter directement, dans le même box, sous les mêmes couleurs, sans filet de sécurité.
Dans un championnat où tant de carrières se construisent sur des stratégies prudentes, ce choix est presque radical. Acosta ne cherche pas le chemin le plus simple vers le titre ; il cherche la vérité sportive la plus pure. Et si ce duel se concrétise en rouge, il pourrait redéfinir l’équilibre du MotoGP pour tout une génération.

































